09/11/2008
L’importance de vivre [1]
Au fil des rencontres avec des lecteurs attentionnés, plusieurs questions reviennent régulièrement sur les textes chinois sélectionnés et publiés par HongFei Cultures sous forme d’albums illustrés. Ces textes évoquent des sujets qui nous concernent tous, d’où leur qualité universelle, mais ils ne le font pas toujours de la « manière » dont nous avons l’habitude ici en France, d'où leur singularité.
Dans un langage simple et savoureux, ces textes nous parlent de la sagesse, de l’amour, et de l’importance de vivre. Et comme pour les Chinois, le trépas fait partie du processus de la vie, il arrive que ces textes abordent aussi cette énigme, tout en poésie.
Ce rapport particulier au monde et à la vie est une part précieuse et essentielle de la culture chinoise. Il n’est pas aussi visible qu’une peinture chinoise qu’on reconnaît du premier coup d’œil, par ses traits de pinceau ou ses couleurs d’encre.
Mais il n’en est pas moins réel et constitue une clé indispensable pour votre approche d'un Chinois.
Avant d’avancer plus en détail sur ce sujet, je me permets de vous inviter à découvrir un texte de LIN Yutang (1895-1976), l’un des écrivains et universitaires les plus éclairants de la Chine moderne :
Selon la théorie du flux de la vie, appliquée au système familiale, l’immortalité devient presque visible et tangible. Tout grand-père voyant son petit-fils se rendre en classe avec le sac au dos, sent qu’il revit réellement dans l’enfant et, quand il lui prend sa main ou lui pince la joue, il sait que c’est la chair de sa chair et le sang de son sang. Sa propre vie n’est qu’une section de l’arbre familial, ou du grand courant qui ne s’arrête jamais, et c’est pourquoi il est heureux de mourir. Le plus grand souci des parents chinois est de voir, avant leur mort, leurs fils et leurs filles convenablement mariés ; c’est un souci encore plus important que celui du lieu de leur propre tombe, ou du choix d’un bon cercueil. Car ils ne peuvent se représenter le genre de vie que leurs enfants auront tant qu’ils n’auront pas vu de leurs propres yeux leurs femmes et leurs maris, et si les belles-filles et les beaux-fils semblent bien, ils sont prêts « à fermer les yeux sans regrets » sur leur lit de mort.
(L’importance de vivre, LIN Yutang, Picquier 2007, p. 254)
version anglaise 1937, John Day Company, Inc.
version française 1948, éd. Buchet/Chastel
version française 2007, éd. Philippe Picquier
09:46 Publié dans HongFei : Ressources | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vivre, mort, immortalité, lin yutang, chinois |
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06/11/2008
Réflexions d’un voyageur en Angleterre
Récemment, la lecture d’un article de journal m’a donné envie de partager certaines réflexions, qui peuvent intéresser tout lecteur attentif et pas uniquement les spécialistes de l’urbanisme.
Il s’agit de l’article intitulé « Le prince Charles veut exporter son modèle d'urbanisme "à l'ancienne" » paru dans Le Monde du 26 octobre 2008. Un séjour de deux ans à Oxford m’a rendu sensible aux reportages sur l’Angleterre, d’autant plus qu’en France où je vis, les gens n’affichent pas l’amour qu’ils portent pour leurs voisins d’Outre-Manche.
Ce qui arrive souvent à une chose mal connue, c’est qu’elle soit adorée ou détestée pour de mauvaises raisons. C’est visiblement le cas du mouvement de renaissance urbaine animé par le Prince Charles, incarné dans la réalisation de Poundbury dans un coin paisible au sud-ouest du pays. En terme de morphologie urbaine, Poundbury n’est pas une ville proprement dite mais ressemble plutôt à un nouveau quartier d’une ville existante (Dorchester).
D’aucuns critiquent cet urbanisme de façade et dénoncent la « nostalgie » déconnectée de notre époque. D’autres admirent l’ambiance du « village urbain » presque magique de ce lieu : oui, c’est du faux-semblant mais c’est tellement bien fait ! Et pour un esprit pragmatique qui prévaut en Angleterre, l’effet supposé bénéfique du projet sur les relations sociales peut tout justifier.
J’ai eu l’occasion de passer quelques moments à Poundbury en 2004, un carnet de croquis à la main. A tant me voir dessiner, une habitante s’est mise à bavarder avec moi, s’excusant de ne pas avoir le temps de m'offrir un afternoon tea. Un endroit charmant qui inspire l’hospitalité, non ?
Quatre ans après, je vous livre le souvenir que cette visite m’a laissé : là-bas, tout est impeccablement dessiné, mais rien n’est « mesuré ». Je le dis avec un peu de regret.
Je me perds à Poundbury qui n’est pourtant pas très étendu. Des bâtiments plus ou moins grands, installés à différents endroits de la « ville », sont censés jouer le rôle de repères, et aider les gens à s’y orienter, se l’approprier. Toutefois, quand ces grands bâtiments sortent de son champ de vision, un flâneur ne sait plus s’il est proche ou loin du centre.
A l’opposé, dans une ville anglaise moins « artificiellement constituée », le flâneur le sait d’instinct : quand on est loin d’une high street (grande rue), les maisons sont plus espacées. Quand les maisons se resserrent, c’est qu’on se rapproche d’un centre. Voilà la « mesure » vivante résultant d’un jeu collectif de l’économie urbaine, une mesure non dessinée qui faisait défaut à Poundbury.
L’urbanisme de Poundbury constitue-t-il un modèle à généraliser et exporter ? Toujours est-il que le cadre très agréable de Poundbury a créé un effet non voulu : parmi ses habitants on compte plusieurs personnalités prestigieuses proches de la Cour royale. Le prix d’immobilier y est devenu inabordable pour le commun des mortels.
Moralité : derrière un article de journal, il peut y avoir toute une histoire à découvrir et à raconter (comme derrière chaque album de HongFei Cultures).
Source de l’image : Erling Okkenhaug
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00:19 Publié dans journal d'éditeur, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : angleterre, prince charles, poundbury, urbanisme, hospitalité |
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04/11/2008
HongFei Cultures à Aubagne, la 15e éd. des Journées du Livre de Jeunesse
du jeudi 13 novembre 2008
au dimanche 16 novembre 2008
à Aubagne – Centre de congrès Agora – avenue des Paluds | rens. au 04 42 18 08 08
Les « Journées du Livre Jeunesse d’Aubagne » invitent à découvrir les éditions HongFei Cultures sur leur stand mais aussi à l’occasion d’un forum le samedi 15 ou le dimanche 16 novembre.
Vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16, retrouvez Chun-Liang YEH pour une rencontre-dédicace autour de l’album « Pi, Po, Pierrot » dont il a écrit le texte (HongFei Cultures, sept. 2008).
Samedi 15 novembre, retrouvez Delphine BODET pour une journée de rencontre-dédicace autour de l’album « Mémé Xiao goûte à la vie » qu’elle a illustré (HongFei Cultures, avril 2008).
Nous vous accueillerons avec plaisir pendant ces quatre jours.
« Les Journées du Livre de Jeunesse d’Aubagne sont une invitation à rencontrer le talent des auteurs et des illustrateurs, le travail audacieux des éditeurs, des plus connus aux nouveaux venus, et leurs livres. Un rendez-vous haut en couleurs pour ouvrir toutes les portes qui mènent vers la liberté ! »
Consulter le programme des Journées du Livre Jeunesse ici
Télécharger le programme détaillé (format .pdf) ici
Le blog du salon ici
Les informations pratiques ici
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