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26/06/2016

De Shanghai à Marseille, de 1916 à 2016.

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Lors de la rencontre autour de l’album Te souviens-tu de Wei ? à la librairie Le Phénix à Paris hier, Joel Franz Rosell a posé une question à l’auteure Gwenaëlle Abolivier sur le rapport entre l'écriture d’un reporter et celle d’un écrivain créateur de fiction. Il se trouve que la question se pose également pour l’illustration, une question que n’ignore pas Zaü qui avait passé des années à dessiner la vie des gens telle qu’il la découvrait en Afrique.

Dans les pages du livre, deux passages sautent aux yeux comme une réponse éloquente à cette question. La première, « Combien de jour / combien de nuit / a-t-il comptés depuis Shanghai ». Sur fond de la ville chinoise en 1916, le jeune homme solitaire, vu de dos, part avec un balluchon. L'illustrateur Zaü n'aurait pas pu dessiner cette scène sans en avoir été témoin, en empathie avec la mère de Wei qui regardait son garçon s'éloigner.

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Deux planches et dix milles kilomètres plus loin, la vue de la cité phocéenne depuis le pont du navire. L'auteure écrit : « Te souviens-tu de Wei / avant qu’il ne débarque à Marseille / les yeux perdus au fond de la mer / pour y puiser le regard de sa mère / restée de l’autre côté de la Terre / au pays du Livre des merveilles ». Sur la page en face, une photo de la mère qui contemple son fils. De la même manière, l’illustrateur Zaü fut témoin de cet instant, en empathie avec le jeune Wei qui essuyait ses larmes en cachette.

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Merci à Gwenaëlle d’avoir créé ce beau texte qui a inspiré Zaü, celui qui montre sans le dire.

te souviens-tu de wei ? gwenaëlle abolivier,zaü,immigration,exil,chinois,première guerre mondiale,histoire

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crédit photo : Isabelle Dunglas (1) et Joel Franz Rosell (2)

 

24/09/2014

"Ce n'est pas très compliqué" de Samuel Ribeyron

9782355580871.jpgDemain, jeudi 25 septembre, paraîtra en librairie le nouveau livre de Samuel Ribeyron, Ce n’est pas très compliqué.

Samuel Ribeyron nous a fait le plaisir et l’honneur de l’accompagner dans son travail vers une publication de son projet et les éditions HongFei Cultures lui en sont reconnaissantes.

Entre Samuel et HongFei, c’est une histoire qui dure. En 2007, il fut le premier illustrateur engagé à nos côtés pour travailler sur Yllavu, le texte d’un moine bouddhiste de Taiwan, Gambhiro Bhikkhu. Un an plus tard, il accompagnait le premier texte de Chun-Liang Yeh, le conte Pi, Po, Pierrot, de ses magnifiques illustrations et offrait à ce livre une visibilité qui l’a placé depuis parmi les meilleures ventes de notre catalogue. En 2010, nous publions pour la première fois un livre entièrement signé par Samuel, texte et images, une petite histoire sucrée d'amitié amoureuse, Salade de fruits.

RIBETRON_YLLAVU_couv.jpg  RIBEYRON_PPP_couv.jpg  RYBEIRON_SF_couv.jpg

Avec  Ce n’est pas très compliqué, Samuel offre au lecteur un grand livre (25x34cm), un livre précieux (imprimé sur un papier Munken), un TRÉS BEAU LIVRE où la qualité de l’histoire le dispute à l’intelligence de la narration.

9782355580871_1.jpgrésumé - Un garçon aime beaucoup Louise, sa voisine. Ensemble, ils partagent le plaisir de dessiner à la craie des arbres par terre dans leur petite rue. Un jour, Louise demande à son ami ce qu’il a dans la tête. Comme il ne sait pas quoi répondre, il décide d’aller y voir. Ce n’est pas très compliqué… Là, il découvre une forêt silencieuse, une autre secrète, puis une timide, etc. Dans un coin, il y a même la forêt de leur rue. Pendant ce temps, la vie réelle fait son œuvre et Louise déménage. Ici, pas de larmes. Serait-ce que ce garçon n’a pas de cœur ? Ce n’est pas très compliqué… il suffit d’aller y voir pour découvrir son univers intime où Louise continue de rêver et de dessiner.

COT_complet_OK_BD-7.jpgA travers cette histoire, Samuel donne à voir les vérités intérieures d’une enfance, où le bonheur du présent et la force de l’imaginaire réconfortent un cœur qui connaît son premier chagrin, celui de la séparation. Mais ici, aucune tristesse. Le héros, doté d’un imaginaire riche, transforme l’absence en terreau fertile d’où jaillissent la douceur du souvenir et la création.

La grande force de ce livre qui approche en toute simplicité l’intimité de l’être, ici un enfant, tient notamment dans la forme narrative originale que lui donne son auteur : à mesure qu’on avance dans le récit, le texte – court, simple et évocateur – cède, aux dernières pages du livre, toute la place à une illustration puissante et touchante qui invite l’enfant-lecteur à trouver ses propres mots pour dire l’émotion qui sera la sienne.

Au-delà, Samuel a un talent rare : il sait rendre palpable la subtile fluidité du passage permanent entre le réel et l’imaginaire qui caractérise l’enfance. Cela, grâce à un texte tantôt narratif, tantôt contemplatif, et à une illustration oscillant entre une figuration minimale de l'existant (un encadrement de fenêtre ou un miroir) sobrement mise en page, et la puissance féconde de l'imaginaire (les forêts traversées) éclatant en doubles-pages.

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Avec Samuel, faire un livre, c’est une chose sérieuse et c’est une affaire de cœur. Cela nous convient.

Bonne lecture à tous.

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pour prolonger votre lecture :

interview de Samuel Ribeyron dans CuiCui ! (sept. 2014), la gazette des éditions HongFei

- interview de Samuel Ribeyron sur le Blog La Mare aux mots (fév. 2013)

05/05/2014

Chine, scènes de la vie quotidienne

Nicolas Jolivot, peintre-voyageur, s’est rendu par hnicolas jolivot, chine scènes de la vie quotidienne, carnet de voyage, hongfeiuit fois en Chine pour des séjours de plusieurs semaines qu’il passe en parcourant des contrées souvent reculées ou de grandes villes surpeuplées. Son dernier séjour, tout récent, l’a conduit dans le Xinjiang, région où vivent les Ouïghours et actuellement travaillée par de fortes tensions. Pendant ce temps, alors même que Nicolas était injoignable, nous mettions la dernière main à la publication de Chine, scènes de la vie quotidienne, son nouveau livre à paraître le 9 mai aux éditions HongFei Cultures.

nicolas jolivot, chine scènes de la vie quotidienne, carnet de voyage, hongfei

nicolas jolivot, chine scènes de la vie quotidienne, carnet de voyage, hongfei, carpesAu cours de chacun de ces voyages, Nicolas réalise des carnets magnifiques qu’il expose régulièrement, notamment au Rendez-vous annuels du Carnet de voyage de Clermont-Ferrand. Créés sur des supports et avec des matériaux trouvés sur place, ces carnets sont difficilement reproductibles. En faire un livre, pour leur auteur, c’est renoncer aux textures, trancher et retrancher, éteindre une certaine vigueur du voyage et des gestes de carnettiste, entrer dans une forme de récit distancié, fondre une aventure dans un autre écoulement du temps que celui de sa réalisation.

nicolas jolivot,chine,carnet de voyageNicolas a relevé le défi et réalise avec talent un beau livre de voyage tout public qui, à sa mesure, donne le sentiment d’une expérience immédiate et rend tout l’esprit de ses carnets. Ce livre d’impressions d’un peintre voyageur, on le feuillette comme on parcourt les rues habitées d’une ville exubérante. Page après page, s’y dévoile une Chine des immensités et de la démesure où s’abritent des vies vécues à hauteur d’hommes. 

nicolas jolivot,chine,carnet de voyageAu fil d’une route personnelle, l’auteur trace textes et dessins. La force des premiers est à la mesure de la rieuse expressivité des seconds dont les qualités artistiques servent merveilleusement une grande richesse d’informations autant que la sensation du témoignage.

À l’heure où l’on s’attache à connaître et comprendre mieux ce pays-continent, cette puissance mondiale fascinante et inquiétante, Nicolas est parti résolument à la découverte du quotidien de ses habitants. De retour dans son atelier, il a organisé son regard et choisi de partager cette expérience sensible de la Chine selon quelques angles de vue. « Voyager », « manger », « dans la rue », « un peu d’oisiveté », et… « pour la vie ».

nicolas jolivot,chine,carnet de voyageSans concession et sans jugement, d’un trait vif et teinté d’humour, il a saisi l’inattendu, le tumulte et le merveilleux d’une société où la modernité trouve à s’inscrire dans la tradition. A la lecture de son livre, on goûte avec délice le portrait à multiples facettes d’une Chine diverse. Gageons que, et ce n’est pas le moindre mérite de l’ouvrage, les Chinois pourraient se reconnaître dans le regard sémillant qu’un peintre français jette sur eux.

* * *

Extrait : « À sept reprises je suis allé en Chine, essayant d’abandonner tout préjugé pour vérifier qu’en dehors des séismes récurrents, des catastrophes industrielles […] relayés par notre actualité occidentale, se déroule du matin au soir en tous lieux le quotidien banal et parfois merveilleux des habitants, fait de gestes répétés, de rencontres habituelles, de petites peines et de joies douces, de traditions respectées ou bousculées par les temps modernes. J’ai découvert des quartiers paisibles dans des villes folles, des villages en effervescence dans des paysages splendides et l’infinité de minuscules activités tenues par des gens simples qui, comme dans le reste du monde mais en l’exprimant différemment, sourient, râlent, mangent, font du bruit, s’agitent, s’amusent, s’inquiètent, et essaient de s’en sortir pour donner une chance à leurs enfants. »

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A noter : à la fin du livre, une carte expressive du pays et un lexique de quelques mots couramment croisés par les voyageurs en Chine accompagneront la flânerie du lecteur.

A visiter : le BLOG de Nicolas Jolivot 

nicolas jolivot,chine,carnet de voyage, le calligrapheA lire : Le Calligraphe, un texte de Chun-Liang Yeh illustré par Nicolas Jolivot (HongFei, 2013). 

 

 

  

nicolas jolivot, chine scènes de la vie quotidienne, carnet de voyage, hongfeiA ne pas manquer : Nicolas Jolivot a fait l'objet d'une interview récemment publiée dans le n°23 de la revue de l'Institut Confucius (n°23, mars 2014). Cliquez ici ou sur la couverture à gauche pour lire l'article.

14/03/2014

Quand Papa n’est pas attentif…

Un bel instant poétique et drôle à la fois, illustré par Sophie ROZE. EN LIBRAIRIE depuis le 20 février, Papa, regarde ! aux éditions HongFei Cultures.

Hui-Ying CHIU, Sophie Roze, papa regarde, HongFei, Dans Papa, regarde ! Hui-Ying CHIU met en mots un joli moment du quotidien entre un papa et son petit. Leur lien, inaltérable, connaît un couac. Rien de grave… juste un léger décalage entre le regard d’un enfant et la logique de l’adulte. 

Dans la maison, Papa ours lit son journal. Par la fenêtre, Petit ours regarde les fleurs violettes sur un mur. L'un réfléchit, l'autre voit... Petit ours voudrait que Papa regarde aussi mais celui-ci est tout à sa lecture. Et quand le fiston est fasciné par les fleurs qui s’envolent, Papa se contente de grommeler que les fleurs ne volent pas, elles tombent. Pourtant, Petit ours les voit bien… les voilà même qui rentrent dans la maison ! Papa ours lève enfin la tête, une libellule violette est au bout de son nez. Regardant par la fenêtre, il se demande depuis quand une nuée de libellules s’est posée sur le mur. Le premier lien de socialisation est souvent celui qu’un enfant construit avec  ses parents. Ce lien-là n’a rien de comparable en qualité à beaucoup des autres qui  se créeront ensuite. Initial, il est déterminant. Mais il n’est pas sans connaître quelques maladresses. C’est que parfois les parents, sans désamour mais machinalement, et parce qu’ils ont perdu la fraîcheur de leur enfance, se montrent insensibles aux mystères du monde qui restent à découvrir par les petits. Où l’on risque de perdre l’occasion d’un émerveillement commun !

Hui-Ying CHIU, Sophie Roze, papa regarde, HongFei, C’est ce lien entre le papa et son petit, un lien  perfectible… mais indépassable, que l’auteure évoque à merveille dans cet épisode léger de la vie. Sophie ROZE sert admirablement le texte grâce à une illustration charmante réalisée au papier découpé photographié sur table lumineuse. Elle suggère, par d’infimes et subtils détails, le caractère indéfectible du lien entre les deux héros, en même temps qu’elle met en valeur l’entremêlement du réel et de l’imaginaire chez l’enfant. Sa dernière image, attendrissante, en dit long sur la confiance placée dans les grands qui sauront s’abandonner, pour un instant, à un regard poétique sur le monde.

Hui-Ying CHIU, Sophie Roze, papa regarde, HongFei,    Hui-Ying CHIU, Sophie Roze, papa regarde, HongFei,

cliquez sur les images pour agrandir

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Papa, regarde ! est le premier texte de Hui-Ying CHIU traduit en français. 

Sophie Roze a précédemment illustré deux autres livres aux éditions HongFei Cultures : Mais où est donc le lapin ? (2010) et L'Autre bout du Monde (2011). A son travail de papier découpé et collé, elle ajoute ici une mise en lumière de ces images.   

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Le BLOG de Sophie Roze.

 

06/02/2014

Un Samouraï et 3 mouches chez HongFei

thierry dedieu, samouraï, mouches, fable, haïkus, hongfei, japon, chine, conteVoici le premier album de l’année publié aux éditions HongFei Cultures, Le Samouraï et les 3 mouches.

En librairie, dès le 6 février 2014.

Après Dragons de poussière et Turandot, princesse de Chine, Thierry DEDIEU poursuit son compagnonnage avec HongFei.

Dans cette histoire, l’auteur s’amuse de l’appétit malavisé de trois brigands pour le katana (sabre) d’un samouraï. Pauvre Samouraï. Lui qui était entré dans cette auberge pour trouver un peu de repos et le réconfort d’une soupe de fèves, le voilà confronté tour à tour au premier, puis au deuxième et enfin au troisième brigand, chacun vitupérant et menaçant ! On imagine fort bien que le guerrier ne se laissera pas dépouiller. Et on suppose que la bataille sera rude.

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On a raison mais le choix des armes fait tout le charme d'une telle bataille... Et c'est à découvrir dans le livre.

Et les mouches ? nous dira-t-on… Qu’est-ce qu’elles viennent faire ici ? Elles passaient. Mauvais endroit, mauvais moment !

thierry dedieu, samouraï, mouches, fable, haïkus, hongfei, japon, chine, conte, katana, ronin, brigands   thierry dedieu, samouraï, mouches, fable, haïkus, hongfei, japon, chine, conte, katana, ronin, brigands

TROIS MOUCHES ONT PÉRI

C’EST LE PRIX DE LA PAIX

UN THÉ ? S’IL VOUS PLAÎT

 

thierry dedieu, samouraï, mouches, fable, haïkus, hongfei, japon, chine, conte, katana, ronin, brigandsÀ qui connaît sa force, point n’est besoin d’en faire usage ! C’est là toute la qualité du héros en Asie. Et c’est le message de cette fable inspirée à Thierry DEDIEU par une légende japonaise (celle du fameux samouraï Musashi) qu’il raconte en 14 haïkus libres aussi vifs et précis qu’une lame de katana peut être rapide et tranchante.

Quant à l’illustration, elle est, comme à l’habitude chez cet artiste, économe et efficace, bref puissante. Réalisée dans un esprit BD, systématiquement composée en double pages, séquencée selon un « dispositif cinégraphique », elles plongent le lecteur dans l’atmosphère tamisée d’un Extrême Orient imaginaire où, dans la chaleur de la nuit, se succèdent ou se superposent, dans des effets de rupture ou de répétition, des situations, des portraits, des moments.

thierry dedieu, samouraï, mouches, fable, haïkus, hongfei, japon, chine, conte, katana, ronin, brigandsD’une belle simplicité, de celle d’où il ressort toujours qu’une profondeur est à trouver, cet album est à savourer dès 5 ans, par tous les brigands comme par les samouraïs les plus grands !

Bonne lecture.

thierry dedieu, samouraï, mouches, fable, haïkus, hongfei, dragons  thierry dedieu, samouraï, mouches, fable, haïkus, hongfei, conte, turandot, chine

autres titres de Thierry Dedieu déjà parus chez HongFei

Le Samouraï et les 3 mouches est en librairie dès jeudi 6 février

Le SITE de HongFei

la PAGE du SAMOURAÏ ET LES 3 MOUCHES

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31/01/2014

Année du Cheval 2014

Nos meilleurs vœux pour une bonne et heureuse année du Cheval !

Cheval, valérie Dumas, voeux

image de Valérie Dumas,

extraite de Songes d'une nuit de Chine, éd. HongFei, 2012

 

21/01/2014

un "Visiteur" à Bologne

Beau début de semaine !

Nous avons appris, lundi 20 janvier, la sélection des planches du Visiteur de Iching Hung 洪意晴 pour L’Exposition des Illustrateurs de Bologne. 

Cet important événement annuel attaché à la Foire du livre pour enfants de Bologne (24-27 mars 2014), met en valeur une production artistique de qualité créée en lien avec le livre de jeunesse. Après Bologne, l’exposition voyagera pendant un an et terminera son périple au Japon.

Cette année, sur plus de 3000 candidatures reçues, 75 artistes ont vu leurs œuvres retenues.

Nous sommes très heureux pour les cinq images du Visiteur concernées et félicitons chaleureusement son auteure. Les planches sont réalisées à l’encre de Chine, à l’acrylique, à l’aquarelle et avec des ajouts de papier argenté brillant collé. Le Visiteur est une création originale publiée aux éditions HongFei Cultures en mars 2013.

Ci-dessous, les cinq planches et la couverture du livre.

Cliquez pour afficher en grand ! 

iching hung 洪意晴,le visiteur,bologne

 

Meilleurs vœux pour 2014

HongFei Cultures, Vœux 2014, Géraldine Alibeu

04/12/2013

Interview de HongFei dans la revue Citrouille

En décembre 2013, Citrouille, la revue de l'association des librairies spécialisées jeunesse (ASLJ), consacre son numéro aux éditeurs indépendants.

Fougueuse indépendance. A l'heure de la deuxième édition nationale de l'opération La Voix des indés / Exploration collective de l'édition indépendante [opération visant à mettre en valeur sur internet, en librairie et dans les bibliothèques, 250 nouveautés publiées par des éditeurs indépendants], Citrouille a eu envie de se pencher sur neuf des éditeurs dits "indépendants", pour mieux vous les donner à connaître.

[extrait de l'édito]

Parmi les neufs éditeurs, la revue a choisi de nous donner la parole aux éditions HongFei Cultures. L'occasion pour nous d'évoquer les origines de la maison, les raisons de sa création et du choix de sa ligne éditoriale singulière et originale où interculturalité et altérité tiennent la première place.

Les éditions HongFei Cultures invitent des artistes français à illustrer des textes d'auteurs chinois classiques ou contemporains. Ainsi veulent-elles offrir aux jeunes lecteurs des histoires à aimer, où ils se surprendront à s'émerveiller avec l'Autre qu'ils croyaient pourtant si différent. 

[interview réalisée par Daniel Gauttier de la librairie Papageno, Clermont-Ferrand]

Cliquez sur l'image ci-dessous pour télécharger l'interview en pdf

PRESSEArtCitrouille2013_Annonce_pt.jpg

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Dans le cadre de cette interview, la revue nous a proposé de demander à un de nos illustrateurs de faire le portrait de la maison d'édition. C'est vers Géraldine Alibeu et sa fantaisie créatrice que nous nous sommes tournés. Pour notre plus grand plaisir, elle nous a proposé l'image ci-dessous que nous nous sommes empressés d'accepter.

Voici donc le portrait officiel des éditions HongFei à leur 6 ans. L'image est également devenue celle de fond de notre stand pour le salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil 2013 qui vient de s'achever :

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14/11/2013

Des artistes exposés

Expo-vente personnelle, expo-vente collective, expo. d’originaux en bibliothèque… Ces temps-ci offrent nombre d’occasions aux amateurs pour découvrir ou connaître mieux et, quoi qu’il en soit admirer, les créations riches et variées d’artistes dont, par ailleurs, le travail d’illustration est publié chez HongFei Cultures.

Expo personnelles :

Valérie Dumas, voir la vie autrementTout d’abord, il est encore possible de Voir la vie autrement pendant quelques jours à Lyon à l’Artclub Gallery (Lyon 2e) et de profiter ainsi des magnifiques portraits de femmes réalisés par l’incroyable Valérie DUMAS. À ces toiles de grands formats, s’ajoutent les planches originales du livre Songes d’une nuit de Chine (HongFei 2012). Le tout est en vente. Un bonheur d’exposition débutée le 23 octobre et à partager encore jusqu’au 20 novembre.

Nicolas Jolivot, carnets de voyagePour ceux qui ont l’âme au voyage, ne manquez pas les derniers jours de l’exposition de Nicolas Jolivot, 20 ans de Carnets de voyage. 1993-2013 à Clermont-Ferrand, espace Victoire. « L’exposition permet à Nicolas JOLIVOT de faire le point sur vingt ans de voyages et de carnets, depuis ce premier carnet dessiné à la plume et transporté dans son sac à dos pendant un tour de France à pied jusqu’aux grands carnets qui remplissent maintenant ses valises de retour des provinces de Chine. » L’exposition, qui a débutée le 16 octobre, est encore visible pour quelques jours, le temps du Rendez-vous annuel du Carnet de voyage qui s’ouvre aujourd’hui jeudi 14 nov. et fermera ses portes le 17 nov.

WANG Yi, exposition médiathèque Alexandre Jardin, Asnières

À Asnières-sur-Seine, la médiathèque Alexandre Jardin accueille du 5 au 30 novembre une exposition personnelle de WANG Yi (quelques vues de l’expo. sont à voir ICI sur le profil Facebook de Yi). Ceux qui connaissent le catalogue des éditions HongFei Cultures savent tout l’attachement que nous avons pour cette illustratrice au travail sensible de peinture, de papiers découpés et de crayons de couleurs. Pas moins de sept livres publiés ensemble ont forgé un lien très particulier entre l’univers graphique de Yi et notre maison. L’exposition permet ici de découvrir les originaux de trois albums : Yexian et le soulier d’or, Princesse Corbeau et le tout récent La Légende du Serpent blanc. On appréciera également d'autres facettes du travail de création de Yi (papiers découpés, poupées de tissus, etc.).

Pierre Cornuel, femmes rebellesÀ Paris, ne manquez pas les Femmes rebelles et d’autres toiles des séries Atlantis  et Fleurs noires de l’étonnant Pierre CORNUEL. Pour avoir rencontré en d’autres lieux quelques-unes des toiles exposées, nous pouvons témoigner de l’énergie sourde prêtée à ces corps et visages des femmes admirées. Vernissage de l’exposition aujourd’hui jeudi 14 novembre à partir de 18h30, Galerie Everarts (8 rue d'Argenson Paris 8e - M° Miromesnil). 

Enfin, à Saumur, du 15 novembre au 28 décembre, la Loire Valley Galerie de Michèle HEYRAUD consacre un temps fort de son agenda à une Expo des enfants et présente, en expo-vente, une sélection d’œuvres publiées aux éditions HongFei par quatre artistes dont le travail révèle quatre univers : Géraldine ALIBEU (illustrations originales de La Bête T. 1 et 2), Valérie DUMAS (illustrations originales de Le Duc aime le Dragon), Minji LEE-DIEBOLD (illustrations originales de Grand’Tante Tigre) et Clémence POLLET (illustrations originales de L’Auberge des ânes et de La langue des oiseaux). Dans sa galerie, Michèle HEYRAUD invite à considérer les planches créées pour des livres pour enfants comme des œuvres d’art à part entière. Son choix est d’autant plus remarquable que très peu de galeries non « spécialisées » offre ce choix à leur clientèle. Nous sommes heureux que la Loire Valley Galerie est conçue cette exposition spécifiquement autour d’œuvres créées pour illustrer des titres du catalogue de HongFei Cultures. 

Expo des enfants, Loire VAlley Gallerie, Saumur, Géraldine Alibeu, Valérie Dumas, Minji Lee-Diebold, Clémence Pollet

Ci-dessous, couvertures des livres publiés aux éditions HongFei Cultures par les artistes mentionnés dans cet article

Le site ou le blog des artistes mentionnés ici :

Le SITE de Géraldine Alibeu; deux sites de Pierre CORNUEL, ICI et LA; le SITE de Valérie DUMAS; le BLOG de Nicolas JOLIVOT; le SITE de Minji LEE-DIEBOLD; le SITE de Clémence POLLET; le SITE de WANG Yi.

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01/10/2013

HongFei Cultures, maison d'édition à l'honneur au FIG 2013

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Demain, nos enfants vivront dans un monde où la présence de la Chine ne se réduira pas à celle d’une puissance économique ou politique. C’est une grande civilisation qui nous résiste. Tant mieux !

Du 4 au 6 octobre : 

HongFei Cultures est la maison d’édition invitée d’honneur du salon du livre du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges (88).

Au programme : 

  • des actions scolaires toute la journée du vendredi 4 octobre pour trois auteurs : WANG Yi, Pierre CORNUEL et Chun-Liang YEH ; 
  • quatre auteurs en dédicace au salon les 5 et 6 oct. : les trois précédents et Anne THIOLLIER ; 
  • présentation de la maison et de ses titres sur le stand HongFei du 4 au 6 octobre ;
  • Festival international de géographie, FIG, chine, HongFei Cultures, WANG Yiune exposition des originaux de deux livres de WANG Yi publiés aux éd. HongFei Cultures, organisée jusqu’au 6 à la Maison de l’Enfance Françoise Dolto de Saint-Dié-des-Vosges : Les Deux Paysages de l'empereur et La Légende du Serpent blanc (livre présenté en avant première) ;
  • une conférence des deux éditeurs (Chun-Liang YEH et Loïc JACOB), dimanche 6 oct. sur le sujet « Comment bien parler de la Chine aux enfants ? » (interculturalité et littérature jeunesse). Au Musée Pierre-Noël, salle de conférence, 9h30-10h30.

Pour l'occasion, un bel article de presse vient d'être consacré aux éditions HongFei Cultures dans le supplément magazine du Républicain Lorrain (29 sept. 2013). On pourra le lire en cliquant sur l'image ci-dessous ou en suivant CE LIEN

Festival international de géographie, FIG, chine, HongFei Cultures

Il y a six mois, nous avons créé la gazette semestrielle des éditions HongFei Cultures. Nous l'avons baptisée CuiCui ! et consacrons son n° 2 à la question de l'interculturalité. Vous pouvez la télécharger en cliquant SUR CE LIEN.

Bonne lecture. 

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SITE du Festival International de Géographie.

PROGRAMME détaillé du FIG 2013

25/09/2013

Miroir, mon bon miroir, dis-moi quel homme je peux être…

Les hommes sont ainsi faits qu’ils sont perfectibles, conscients de leur condition, et prompts à se proposer des occasions ou des outils de perfectionnement. Le miroir est de ceux-là, tout comme le conte.

contes de chine,clémence pollet,chun-liang yeh,animauxAvec La Langue des oiseaux (à paraître le 03 octobre 2013), les éditions HongFei Cultures vous proposent de partir à la découverte de quatre contes qui sont autant de miroirs tendus aux hommes par des auteurs malicieux ou des esprits éclairés, pour les inviter à se corriger ou, de manière préventive, leur éviter d’emprunter une voie mauvaise. Ici, nulle question de jugement ; on n’apprend pas à ses dépens. Enfin, pas toujours !

Ce livre est le premier recueil de contes que les éditions HongFei Cultures publient. Jusque-là, lorsque nous publiions un conte, il était offert pour lui-même, sous forme d’album, en particulier dans notre collection « Contes de Chine » où l’on trouve Yexian et le soulier d’or ou L’Auberge des ânes (et bientôt un nouveau titre dont nous vous dirons plus très vite : Grand’Tante Tigre). Avec quelques textes que nous avions en main, il nous a paru intéressant de travailler autrement. Parfois moins longs qu’habituellement, ou d’une nature se prêtant moins à un traitement en album classique, ces textes avaient pourtant une telle valeur que nous étions désireux de les faire passer.

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L’idée du recueil était la bonne à condition qu’il ne devienne pas un simple assemblage de textes sans autre point commun que leur origine culturelle. Aussi avons-nous souhaité limiter le nombre de contes à réunir et tâché de les inscrire dans un ensemble qui les dépasse sans les diluer. De fait, de la réunion de ces quatre textes issus de la tradition littéraire chinoise et puisés au fil de nos lectures de recueils du Ve, XIe ou XVIIIe siècles ou, pour l’un d’eux, reçu d’un ami poète qui en ignore l’origine précise, résulte une cinquième œuvre, composée de tout cela, à la fréquentation de laquelle nous espérons que les jeunes lecteurs en France tireront plaisir.

langue des oiseaux, clémence pollet, chun-liang yeh, hongfei culturesLe texte de cette œuvre nous est proposé par Chun-Liang Yeh qui inscrit son écriture concise et concrète dans la filiation du langage subtil des classiques chinois à la source desquels il puise et où la sobriété de la langue le dispute au raffinement du propos.

À l’époque dite « des Printemps et Automnes », en Chine, vivait un jeune homme pauvre répondant au nom de Chang. C’était un disciple de Confucius, et il possédait un don très particulier : il comprenait la langue des oiseaux. Lorsque Chang était fatigué de ses études, il se divertissait en écoutant la conversation des oiseaux réunis dans la cour de la maison de son maître. Absorbé par ce qu’il entendait, il en oubliait la présence de ses camarades et devenait l’objet de leur raillerie. Il avait beau dire qu’il comprenait les oiseaux, personne ne le croyait.

Ainsi commence celui des quatre contes réunis ici et qui donne son titre au recueil, La Langue des oiseaux. Ailleurs, ce sont une fourmi reconnaissante, un cerf loyal ou encore un loup malin qui feront grandir en sagesse les hommes qui les rencontrent et les écoutent. Car voilà bien le thème que la réunion de ces quatre contes fait apparaître : « l’Homme grandit en sagesse lorsqu’il sait écouter ».


contes de chine,clémence pollet,chun-liang yeh,animauxLe recueil est illustré par Clémence Pollet qui signait déjà, il y a un an, la très belle et singulière illustration de L’Auberge des ânes. Tel le héros d’un conte chinois qui se met à l’écoute, Clémence accepte de laisser résonner en elle, dans son travail sensible de création, une langue qui lui est parfois étrangère mais dont elle perçoit la saveur et la richesse des intonations qu’elle transforme en autant de traits, de couleurs et finalement d’images. Du sens, elle ne perd rien et montre tout. Comment ne pas voir dans le superbe tête-à-tête de la couverture tout ce que nous avons évoqué plus haut : le miroir, l’écoute, la métamorphose qui s’opère chez l’homme attentif ?

Des images de Clémence, si simplement justes, de son choix de couleurs, si subtilement troublant, de sa peinture franche en aplat et de ses traits vifs et précis si paradoxalement apparentés, on aimerait parler longtemps. Le mieux sera d’abord de les découvrir.

langue des oiseaux, clémence pollet, chun-liang yeh, hongfeiEn plus des illustrations à proprement parler, on admirera aussi les lettrines ouvrant chacun des contes qui sont également une création originale de Clémence Pollet.

Nous espérons que les jeunes lecteurs, et tous ceux qui voudront bien les accompagner, entreront dans ce livre comme on pénètre, de pièce en pièce, dans un palais plein de trésors.

Nous leur souhaitons par avance une heureuse lecture.

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La Langue des oiseaux, Chun-Liang YEH, Clémence POLLET, éd. HongFei Cultures, en librairie le 03 octobre 2013.

Dès 8/9 ans. Prix 12,50€. ISBN 978-2-35558-068-0

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Pour en voir plus, cliquez ICI.

Le SITE de Clémence Pollet

08/09/2013

Pierre Cornuel vise les étoiles...

Pierre Cornuel, HongFei, Éclats de Lune, pinceaux chinoisDans moins de vingt jours, paraîtra aux éditions HongFei Cultures une création originale de Pierre CORNUEL auteur et illustrateur, Éclats de Lune.

HongFei Cultures publie essentiellement des textes d’auteurs chinois que nous faisons illustrer en France. Cette ligne singulière aboutit à ce qu’une majorité des projets publiés sont initiés par la maison d’éditions elle-même. Toutefois, il nous arrive régulièrement, depuis 2009, d’accueillir des projets personnels, parfois sans lien avec la Chine mais qui trouvent leur place au sein de notre catalogue en invitant les jeunes lecteurs à élargir leur horizon à travers les thèmes du voyage, de l’intérêt pour l’inconnu et de la relation à l’autre.

C’est dans ce cadre éditorial que s’inscrit la publication d'Éclats de Lune où l’on trouvera ces trois thèmes réunis pour une aventure à nulle autre pareille. Ceux, nombreux, qui connaissent Pierre CORNUEL, savent les talents de ce peintre raconteur d’histoires aux enfants qui compte plus de soixante titres à son actif !

Pierre Cornuel, HongFei, Éclats de Lune, pinceaux chinois

Pierre Cornuel, HongFei, Éclats de Lune, pinceaux chinoisRaconteur d’histoires, Pierre l’est absolument. Après quoi il met son talent à les écrire parfois, et en tous les cas à les illustrer. Pour nous présenter son projet, et conformément à son tempérament, Pierre a commencé par nous raconter une histoire, avec vivacité, humour et maints bruits d’animaux. Ce jour-là, nous avons ri, beaucoup apprécié le ton et aimé le propos. Il avait également déjà bien avancé sur l’image, séduisante à beaucoup d’égards.

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Quatrième de couverture :

Cette fois, la voilà, la lune tant attendue ! C’est le moment pour Kun-Yi de lancer l’aventure. Il part chercher le renard, la belette, le loup, le cochon, la chèvre, le cheval et le coq. Tous se font un peu prier mais répondent à l’appel du jeune garçon. Au fait, pour quel projet ?

L’histoire d’une œuvre commune où chacun se réalise… avec bonheur !

Extrait :

Pierre Cornuel, HongFei, Éclats de Lune, pinceaux chinois

Kun-Yi fait le compte. « Voyons… un cochon, un loup, une belette, un renard… il manque encore… Ah ! bien sûr ! Allons vite à la ferme des Trois Ormeaux. » Les cinq compères arrivent aux Trois ormeaux où ils trouvent la chèvre. « Mêêê quel genre de projet ? s’informe la chèvre. – Le genre dont tu fais partie et qui demande aussi l’aide du cheval. Viens avec nous, allons le réveiller. »

Inutile de réveiller le cheval, qui ne dort pas. « Hiii ! fait-il voyant tous nos amis marcher dans son assiette. Où allez-vous ainsi ?Cheval ! On a besoin de toi !À quel sujet ?Au sujet de notre projet !Mais enfin, quel projet ?  interrogent les animaux qui n’en peuvent plus de curiosité. – Un magnifique projet que je vais bientôt vous dévoiler… mais qui nécessite pour finir le soutien du coq. »

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Du projet de Kun-Yi et de sa réalisation en compagnie des animaux, nous ne dévoilerons rien de plus ici. Mais qu’on se le dise, il y a dans cette histoire de l’aventure, de l’amitié, de la confiance, des poils et des plumes, une petite douleur aux derrières, des pinceaux, un phénix, un grand voyage dans la nuit, une lune brillante, une chute vertigineuse, beaucoup de rire et même du bonheur, de la création et des… Éclats de Lune !

Tout cela fait déjà beaucoup et rendrait heureux plus d’un jeune lecteur. Mais Pierre est ainsi fait qu’il a les idées – et les images – qui se déploient. C’est là que lui vint le désir d’un livre aussi long qu’il serait beau. Travaillant aux pinceaux chinois, sans crayonnés, sur papier aubier de santal, l’artiste créa un leporello, un livre accordéon, à lire comme tous les livres ou à déployer en fresque sur 10 mètres de long.

Pierre Cornuel, HongFei, Éclats de Lune, pinceaux chinois

pierre cornuel,hongfei,Éclats de lune,pinceaux chinois, Chu Ta et Ta'oEn 2010, Pierre CORNUEL a illustré Chu Ta et Ta’o. Le peintre et l’oiseau (Grasset), un livre remarqué pour la qualité du travail de création de l’artiste. Éclats de Lune est de la même veine exceptionnelle. Réalisé à l’aide des outils de la peinture traditionnelle chinoise et dans l’esprit improvisé des peintres de ces contrées des siècles passés, l’image, laissée libre de tout texte (placé dessous, en bandeau), est une œuvre d’art. Quant à l’histoire, elle est aussi un hommage aux pinceaux chinois et à la diversité de leurs caractères. Aussi, pour prolonger le souhait de l’artiste, et avec sa complicité, deux pages documentaires placées en fin de livre évoquent l’art et les caractéristiques des pinceaux chinois.

Éclats de Lune, c’est un auteur-illustrateur de grand talent, une histoire chaleureusement amusante, un hommage à la création, un objet exceptionnel… Bref ! Un livre à découvrir absolument dès sa sortie en librairie le 26 septembre 2013.

Il nous importe, à la fin de cette présentation, de faire part de notre reconnaissance à l’égard de l’Agence CICLIC (livre image culture numérique en Région Centre) laquelle, considérant la qualité et l’exigence du projet Éclats de Lune, a bien voulu apporter son soutien à la publication de ce livre.

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Pierre Cornuel, HongFei, Éclats de Lune, pinceaux chinoisCaractéristiques du livre : hors collection / format leporello (livre frise) 28x21cm, 40 pages recto, dos toilé / public dès 7 ans / isbn 978-2-35558-066-6 

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Éclats de Lune de Pierre CORNUEL, éd. HongFei Cultures, en librairie le 26 septembre 2013.

SITE de Pierre CORNUEL illustrateur.

SITE de Pierre CORNUEL peintre

pierre cornuel,hongfei,Éclats de lune,pinceaux chinoisà noter : exposition personnelle de l'artiste. Peintures des séries Les femmes rebelles, Atlantis et Fleurs noires, Galerie Everarts (Paris 8e) du 12 au 23 novembre. Vernissage le jeudi 14 novembre. 

02/09/2013

Sara et le poète chinois - épisode 2

Le monde est maintenant visible dans ton corps. Octavio Paz

su dongpo,sara,poésie,fermierIl arrive quelquefois à l’éditeur d’albums jeunesse qu’à la lecture d’un texte, un nom d’illustrateur s’impose à lui. Ce fut le cas pour nous lorsqu’à chacune de nos lectures du magnifique texte de SU Dongpo, Un bon fermier, le nom et les images de SARA nous revinrent résolument à l'esprit. Dès lors, dans un étonnant aller-retour imaginaire, nous accordions les univers de ces deux êtres là. La langue du poète, sa beauté simple, infiniment concrète, efficiente, faisaient déjà bruisser les papiers à déchirer que Sara choisirait. De leur côté, les livres de l’artiste et les thèmes qu’elle chérit – la fragilité de la nature humaine, la force de l’expérience humaine, l’attention au monde, le temps… – semblaient déjà donner au poème un corps qui rendrait visible le monde qu’il portait en lui.

Notre satisfaction et notre plaisir furent donc grands lorsque Sara accepta effectivement d’illustrer le texte. Notre bonheur fut complet aux premières planches qui laissaient voir que l’artiste marchait à sa manière dans les pas du lettré chinois et que ses traces, loin de recouvrir celles anciennes de SU Dongpo, leur offraient une grâce nouvelle et permettraient qu’ici, en France, on les suivrait aussi.

Pour nous, l’accord entre SU Dongpo et Sara est parfait. Mieux, l’accord entre la poésie chinoise et Sara opère incroyablement sur le regard et les émotions. C’est au point qu’on aimerait dire de Sara qu’elle est très… chinoise ! Bannissant le superflu, ses images prêtent à l’évidence une robe invisible – à quoi bon montrer ce qu’on sait déjà – et rendent à l’implicite sa forme… incertaine. De ce point de vue, les contours des papiers déchirés de l’artiste jouent à merveille le jeu de la réalité inconstante chère aux lettrés chinois, tandis que les figures ainsi dessinées manifestent avec force l’expression de la sagesse dont la poésie de SU Dongpo est l’une des plus célèbres manifestations dans la littérature chinoise1.

Mais plus légèrement et au-delà de ces considérations, Sara a fait – et nous a fait faire – au fil de son travail sur le texte de SU Dongpo, une drôle de découverte !

su dongpo,sara,poésie,fermier« Finalement les chinois et nous, on a un truc en commun : dans le temps, on avait la même technique pour faire pousser le blé. La preuve ? Vous la trouverez dans mon prochain album Un bon fermier, illustrations sur un poète du 11e siècle, SU Dongpo. »

C’est avec cette formule en forme d’énigme que Sara annonçait il y a quelques jours, sur Facebook, la prochaine parution d’Un bon fermier. Loin de nous l’idée de lever le voile qu’elle jetait là sur une partie du livre… d’autant que ce teasing là nous amuse beaucoup !

Disons juste que face à un texte, Sara le fréquente jusqu’à l’apprivoiser absolument. Or, dans son approchement du poème de SU Dongpo, l’illustratrice a levé un loup ! En effet, le fermier du texte semblait mettre en œuvre une technique bien curieuse pour assurer la bonne levée de son blé. N’y tenant pas de n’y rien comprendre, Sara se lança sur la piste – et nous emmena avec elle ! Et tandis que nous poussions l’enquête vers un agronome chinois de notre connaissance, l’artiste interrogeait un agriculteur de la sienne. Les explications sont venues de là et grande fut notre surprise d’apprendre par notre enquêtrice, non seulement le fin mot de cette technique mais aussi qu’elle eût court ici en son temps. Mieux, comme un écho très direct, certaines pratiques actuelles rendent l’hommage de la permanence à l’observation de nos aînés.

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C’était trop beau pour que nous laissions échapper cette manifestation de la modernité du texte et de son universalité. Avec la complicité de Sara, nous avons gardé la trace de ce questionnement et en rendons le résultat dans une « Petite leçon d’agriculture écologique d’hier et d’aujourd’hui » qu’on trouvera à la fin de l’ouvrage.

N’en disons pas plus, ni sur le texte, ni sur les images de Sara. Gageons que leur lecture saura faire briller les yeux du plaisir qu’on en aura.

Nous, chez HongFei Cultures, nous avons la satisfaction d’un beau livre et le bonheur de vous en annoncer d’ores et déjà un autre à venir au printemps. Après Un bon fermier de SU Dongpo, Sara mettra en image un poème de DU Fu (8e s.). Au menu de son papier déchiré : le temps, le désir et l’amitié.

 

1) Jacques PIMPANEAU consacre un chapitre de son livre Chine. Histoire de la littérature aux deux poètes TAO Yuanming (Ve siècle) et SU Dongpo (XIe siècle) dont il dit que leur œuvre représente « une des grandes contributions originales à la poésie chinoise : l’expression de la sagesse. »

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Un bon fermier, SU Dongpo - SARA, éd. HongFei Cultures, 2013

EN LIBRAIRIE le 19 septembre 2013 / pour découvrir le livre, suivez ce LIEN

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Visitez le site de SARA

su dongpo,sara,poésie,fermierÀ noter : Sara fait partie des invités du Festival des illustrateurs de Moulin (26/09 – 06/10). Pendant cette période, les planches originales de plusieurs de ses livres seront exposées à la cathédrale de Moulins.  

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29/08/2013

Unique est "Un bon fermier" - épisode 1

su dongpo,sara,poésie,fermierDans quelques jours, paraîtra aux éditions HongFei Cultures Un bon fermier. Cet album jeunesse accueille un texte de SU Dongpo (XIe siècle), un des plus grands poètes classiques chinois, mis en images par SARA, une très grande dame de l’illustration jeunesse contemporaine. De cette rencontre inédite résulte une œuvre unique, rare et étonnante.

Unique car, si la poésie chinoise n’est pas totalement absente du champ de la littérature jeunesse publiée en France, c’est la première fois, à notre connaissance, qu’une telle poésie fait l’objet d’un livre tout entier, qui plus est d’un album. Pourtant, caractérisée par « son goût du concret » et un art de la suggestion 1, la poésie chinoise se prête particulièrement à une lecture d’enfant qui trouve à y satisfaire son besoin d’images concrètes et un désir d’horizon émancipateur.

Rare, ce livre l’est aussi par son sujet et son thème. Un rapide coup d’œil à la base du Centre national de la littérature pour la jeunesse La Joie par les livres (une des plus complètes pour les publications jeunesse en France) fait apparaître la quasi-absence du mot « fermier » des titres des ouvrages publiés ces trente dernières années. « La ferme », elle, tient son rang comme microcosme où évolue une grande diversité d’animaux et lieu idéal d’observation et d’apprentissage de la vie en société pour les petits. Mais elle se passe volontiers du fermier qui, lorsqu’il est là, est un personnage secondaire et souvent « trouble-fête ». Et sauf à considérer les livres-documentaires (également peu nombreux sur le sujet), la littérature jeunesse ignore presque tout de la paysannerie.

Étonnant enfin, parce qu’on découvrira à sa lecture une poésie – mais aussi une histoire – à laquelle mille ans n’ont rien enlevé à sa beauté, et dont l’humanisme et la puissance de suggestion sont capables de toucher des hommes d’une époque et d’un pays très éloignés de ceux qui l’ont vue naître.  

C’était il y a quelques mois, lors d’une lecture « pour le plaisir » du poème de SU Dongpo Un bon fermier : deux idées s’imposèrent avec la force de l’évidence : 

HongFei Cultures publierait ce texte… et Sara devait l’illustrer !

SU Dongpo, Sara, poésie, HongfeiOui, nous allions publier en jeunesse, une POÉSIE… CHINOISE… du XIe SIÈCLE !

La belle traduction que Chun-Liang YEH fit de ce texte nous convainquit très vite de sa possible réception par les jeunes lecteurs et même du plaisir qu’ils tireraient de sa fréquentation.  Qu’on en juge avec les premiers mots :

Suivant l’exemple d’un bon fermier qui ménage les ressources de la terre,

J’entreprends avec bonheur la culture de ce sol en friche depuis dix ans.

Pour le réveiller en douceur, …

Quant à Sara, magnifique artiste que nous n’avions approchée jusque-là que de très loin, bien timidement et sans imaginer encore… elle accepta presqu’aussitôt qu’elle lut le texte.

SU Dongpo, Sara, poésie, Hongfei    SU Dongpo, Sara, poésie, Hongfei

À suivre !

1) Jacques PIMPANEAU, Chine. Histoire de la littérature, éd. Philippe Picquier, 2004.

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Un bon fermier, SU Dongpo - SARA, éd. HongFei Cultures, 2013

EN LIBRAIRIE le 19 septembre 2013 / pour découvrir le livre, suivez ce LIEN

23/06/2013

Taipei Story

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de retrouver un ami de fac de passage à Paris, pour un petit déjeuner non loin de la Tour Eiffel. Aujourd’hui, il m’a invité à une soirée littéraire au Taipei Story House qui accueille deux écrivains pour une lecture devant une cinquantaine de personnes. Dites ce que vous voulez, en matière d’amitié j’ai le goût du luxe. En moins de dix jours, voir par deux fois un ami de vingt ans, dans deux villes à dix mille kilomètres de distance : pourquoi s’en priver...?

Le bâtiment qu’on appelle Taipei Story House a cent ans : cet hôtel particulier a été érigé par un riche marchand de thé de Taipei dans le style Tudor pour recevoir ses amis et ses clients. Depuis 2003, il héberge un mini-musée consacré à vie culturelle de l’île depuis le début du vingtième siècle, avec comme objectif d’insuffler une nouvelle vie à un patrimoine conservé.  

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(crédit photo : Taipei city government) 

L'évènement littéraire auquel j’ai assisté s’intitule « les vendredis des Muses ». Il a lieu le troisième vendredi de chaque mois ; c’était le 67e rendez-vous ce soir. Les deux écrivains invités sont des personnages importants dans la vie littéraire du pays. Jiji 季季,rédactrice en chef d’un important journal de presse nationale, a lu un récit qu'elle a écrit sur l’inauguration du pont ferroviaire en acier qui enjambe l'estuaire du plus grand fleuve de Taiwan depuis 1953, lorsqu'elle avait 8 ans. Grâce à sa voix et ses mots qui ressuscitent bien des couleurs, des bruits, des odeurs et des visages, on revit l’excitation des villageois des deux rives à la veille du décollage économique de Taiwan.

Su Xiaokang 蘇曉康,l’auteur du film « River Elegy » vu par cent million spectateurs en Chine en 1988 et exilé aux Etats-Unis au lendemain de l’événement de Tian’anmen, nous a dévoilé la grande Histoire à travers sa trajectoire personnelle très singulière. En 1947, ses parents communistes ont fui le régime nationaliste (dirigé par Chiang Kai-Chek) à Taiwan. Deux ans plus tard, c’était au tour des nationalistes, battus par les communistes (dirigés par Mao Zedong), de se réfugier sur l’île. Le père de Su a dû traverser le détroit de Formose une nouvelle fois, dans le sens inverse, sous peine d'être fait prisonnier et de mourir à Taiwan. A l’époque, la maman de Su le portait déjà dans son ventre. Elle quitta Taiwan pour rejoindre son mari et donner naissance à Su à Hangzhou. Interdit sur le territoire chinois depuis un quart de siècle, Su a été invité à Taiwan à plusieurs reprises par ses amis écrivains (dont Jiji, également son éditrice). Pour la lecture de ce soir, il a choisi un récit où ses pas rejoignent ceux de ses parents, à Taiwan et à Hangzhou. Sans mot nostalgique, il y rend hommage à sa mère avec une grande pudeur et dignité.

En une heure et demie, nous avons voyagé au travers des dizaines d’années et parcouru des milliers de kilomètres, en compagnie des personnalités hors du commun qui restent si proches de nous, sans nous écraser par leur ego. C’est pour ça que je les aime, les Taipei stories.

post de Chun-Liang YEH

 

09/06/2013

"Le Calligraphe" à découvrir...

WANG Xizhi, calligrapheParmi les histoires que se racontent les Chinois, beaucoup mettent en scène un personnage historique admiré à qui on fait jouer un rôle éminent. Inspirées de faits réels ou non, elles cultivent le souvenir ému d’un caractère ou d’une action exemplaire. Ainsi, la vie de WANG Xizhi, le plus célèbre des calligraphes chinois, est riche de nombreux épisodes que, plus de seize siècles après sa disparition, on aime à se répéter.

Le Calligraphe, Chun-Liang Yeh, Nicolas JolivotÀ son tour, avec Le Calligraphe, Chun-Liang YEH se saisit de l’une de ces anecdotes où WANG exerce son talent au bénéfice d’une vieille marchande d’éventails malheureuse en affaires. Il y a imaginé des scènes et des dialogues qui nous révèlent le génie de WANG Xizhi et sa capacité à transformer par son art l’ordinaire en merveilleux. L’intérêt de ce récit dépasse, cependant, celui d’une biographie. 

En effet, dans sa narration, Chun-Liang porte un regard sur l’art et sur l’artiste en décalage avec celui habituellement rencontré. Ici, pas de superlatif sur l’excellence de l’œuvre du maître : l’art « désacralisé » y est célébré au cœur de la vie quotidienne des gens du commun. Et, à la place d’un artiste « habité » ou excentrique, nous découvrons un créateur jouisseur qui sait se mettre à l’écoute du monde et garder son humanité intacte.

Le Calligraphe, Chun-Liang Yeh, Nicolas Jolivot

Non moins étonnante est la question de la valeur – marchande – des choses, et notamment de l’art, que l’auteur aborde ici avec humour et justesse.  Alors que cette thématique est plutôt absente des livres jeunesse publiés en France, Chun-Liang, issu d’une culture précoce en matière d’échanges commerciaux (souvenons-nous que la monnaie-papier fut inventée en Chine au 7e siècle), s’appuie sur une psychologie bon enfant pour rendre palpable la valeur que les gens attribuent aux choses selon leur désir, dans un contexte d’échange, de partage ou de don. Et lorsqu’on apprend à approcher ses aspirations et motivations en bonne intelligence, on a probablement une meilleure chance d’être heureux dans la vie.

Le Calligraphe, Chun-Liang Yeh, Nicolas Jolivot      Le Calligraphe, Chun-Liang Yeh, Nicolas Jolivot

Nicolas JolivotQuand nous avons proposé à Nicolas JOLIVOT – carnettiste rencontré quelques mois plus tôt sur un salon du livre – d’illustrer ce texte, il nous a confié y avoir reconnu les gens qu’il avait souvent croisés en Chine, lors de ses voyages, et qu’il était sensible à l’humour si caractéristique du quotidien des Chinois, un rien détaché mais finalement très généreux. Outre que nous y avons vu un compliment pour le texte, nous avons compris que cet homme-là, Nicolas, saurait tracer les personnages de l’histoire, en rendre visible le caractère, et faire surgir le sensible de la drôlerie.

le calligraphe, Nicolas Jolivot, éventail

Ci-dessus, éventail appartenant à une série réalisée par Nicolas JOLIVOT à l’occasion de la sortie du livre Le Calligraphe. Ils sont en vente après de l’artiste (BLOG de Nicolas)

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Le Calligraphe est en vente en librairie depuis avril 2013. Il peut être commandé auprès de tous les libraires ou acheté sur les sites de vente de livres sur Internet.

Votre libraire de quartier vous accueille et vous conseille. Poussez la porte de votre librairie.

 

10/05/2013

DEDIEU interprète "TURANDOT"

Chaque année, lors des Journées internationales de l’Opéra, pendant le week-end le plus proche du 9 mai (Journée de l'Europe), les opéras d'Europe et au-delà célèbrent l'art lyrique et le talent de ceux qui le font.

Thierry Dedieu, Turandot, HongFeiL’occasion rêvée pour nous de revenir sur la récente publication de Turandot, Princesse de Chine parue en avril 2013 et signée Thierry Dedieu.

Au sein d’une maison d’édition, les raisons de publier un livre tiennent parfois au désir intime de ceux qui la font vivre. Lorsqu’en plus celui-là rencontre la ligne éditoriale, il n’y a vraiment pas de raison de se priver.

Chez HongFei Cultures, l’ultime opéra de Puccini, Turandot, chef d’œuvre incontestable, accompagne depuis toujours nos heures de travail ou de loisirs. La musique, bien sûr… Turandot aussi ! Toutes les deux, d’une beauté incomparable, sont libres, pleines d’ardeur et impétueuses. Et puis, fin 2011, les hasards de nos lectures nous ont conduits au conte d’un orientaliste français du XVIIIe siècle, François Pétis de la Croix, intitulé Histoire du prince Calaf et de la princesse de Chine. C’est à ce texte que le livret de l’opéra empruntait son argument. Nous avions déjà en tête la petite idée de faire un jour de cette histoire le sujet d’un livre. Désormais, nous le souhaitions ardemment. Mais pour porter jusqu’au jeune lecteur cette histoire qui l’emmènerait vers une Chine imaginaire et éternelle par la voie de la beauté et la puissance de l’évocation, il nous fallait trouver un auteur et un illustrateur ayant du souffle et capable d’un geste.

Thierry Dedieu, Dragons de poussière, HongFeiJustement, dans le courant de l’année 2011, un tel auteur était venu à notre rencontre pour nous proposer un projet personnel : Thierry Dedieu ! Après avoir mis en œuvre ce projet publié sous le titre Dragons de poussière – dont nous étions heureux de la qualité, nous avons proposé à Thierry Dedieu d’adapter le texte de François Pétis de la Croix et de l’illustrer. Y ayant réfléchi, il a fini par accepter de relever le défi. Le défi ? Oui… L’auteur-illustrateur explique lui-même, dans une interview à laquelle il répondait à la sortie du livre, qu’il lui a fallu surmonter plusieurs difficultés : il devait se frotter à une « princesse », loin de son genre préféré ;  inscrire l’œuvre à naître dans une filiation scénique (après avoir été un conte, le récit est très vite devenu l’objet de pièces de théâtre puis d’opéras dont le plus connu est celui de Puccini) ; enfin porter atteinte, pour le meilleur, à un très beau texte (méconnu) de la littérature française.

thierry dedieu,turandotNul doute qu’en tous ces points Thierry Dedieu est parvenu à la réussite. Du texte, il précise qu’il l’a taillé comme on taille un rosier, en préservant le plan pour voir éclore des fleurs plus belles encore. De ses illustrations, il dit qu’elles dessinées « au scalpel » afin de ne pas amoindrir la force et la cruauté des caractères en présence.

Thierry Dedieu, Turandot, HongFeiDe l’ensemble, on retient la théâtralité puissante et raffinée, une lecture pleine d’énergie rythmée par des chapitres comme autant d’actes, chacun marqué à son ouverture par une double page couleur carmin comme le velours d’un rideau de scène, une distance qui semble installer le lecteur dans une loge, comme au théâtre, tandis que l’illustrateur joue pour lui avec les plongés, les mises en page audacieuses, les décors minimalistes, etc. , le tout avec beaucoup d’humour.    

Thierry Dedieu, Turandot, HongFeiTel est le livre, au format remarquable (38,5x22,5 cm) qui, pour la première fois, porte l’histoire de Turandot vers les plus jeunes. Puissent-ceux-là – et avec eux, tous les lecteurs – entrer dans cette œuvre comme ils entreraient dans une salle d’opéra pleine des promesses du spectacle à venir.

à lire : l'interview de Thierry DEDIEU (mars 2013)

thierry dedieu,turandot

Thierry Dedieu, Turandot, HongFei

 

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10/04/2013

Hommage au peintre ZAO Wou-ki disparu le 9 avril

zao wou-ki

Zao Wou-KiZAO Wou-Ki, tout juste arrivé de Chine, découvre Paris le 1er jour d'avril 1948. L'après-midi même, il est au Louvre. Et bientôt, carnets de voyages en mains, il parcourt la France, puis l'Italie et l'Espagne à partir de 1951.

En 2006, les éditions Albin Michel nous ont donné à voir les carnets du peintre de 1948 à 1952, dans une sélection assez large (Carnets de voyages). 1948 n’y tient qu’une place très étroite mais cette année ouvre un long voyage : depuis 65 ans, ZAO Wou-Ki a essentiellement vécu et travaillé en France.

De ZAO Wou-Ki, son ami Claude ROY a écrit : « Il est de deux pays ? D’aucun ? Il en invente donc un (au sens de le découvrir) où chacun peut vivre. Rendez-vous ici. Entrons dans la vue de ZA0 Wou-Ki. »

Venir d'ailleurs, ici, en France, et inventer un pays... comme on invente un trésor!

Ci-dessus, l'écriture de ZAO Wou-Ki et une des premières pages du carnets de 1948. A noter : faisant suite aux Carnets de voyage 1948-1952, L’Encre, l’Eau, l’Air, la Couleur réunit une sélection d’encres de Chine et d’aquarelles de Zao Wou-Ki réalisées entre 1954 et 2007, Albin Michel 2008

11:05 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zao wou-ki |  Facebook |

02/04/2013

Un premier livre sans texte aux éditions HongFei Cultures

VS_int_72dpi-17.jpgAu premier jour du printemps, les éditions HongFei Cultures ont publié, pour la première fois, un livre sans texte, Le Visiteur, d’Iching Hung.

Iching, artiste plasticienne taïwanaise connue au Japon et en Australie pour ses fresques monumentales, réalise ici une « petite » merveille, sans texte.

Le projet, superbe, nous a immédiatement séduits, conquis, mobilisés. Les planches sous les yeux, aucun doute n’était permis pour nous : ce serait là un beau livre. L’originalité et la qualité plastique des créations d’Iching Hung, son talent de narratrice par l’image, la thématique de la découverte sensible et heureuse du monde, le caractère du personnage principal, tout cela rendait le livre à naître évident et, même, nécessaire. Comment ne pas partager le bonheur véritable que le projet suscitait en nous dès le premier coup d’œil, l’enthousiasme dans lequel l’élan du Visiteur emportait le regard, la joie et la surprise d’une fin d’histoire si drôle ?

Pourtant, un livre sans texte n’est pas chose simple. Y compris pour nous, éditeurs HongFei Cultures, attachés à la qualité littéraire et à la place du texte dans les livres de notre catalogue. Et puis, nous suivrait-on ? Les libraires, en cette période difficile ? Les parents, si souvent désireux que les livres portent assez de texte pour qu’ils vaillent la peine d’être achetés ? Les jeunes enfants qui aiment qu’à leur côté un grand – forcément magicien – les aide à entrer dans le mystère des signes de l’écriture qu’eux ne déchiffrent pas encore ?

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Une fois la décision prise, et alors que le projet était en voie d’achèvement, nous avons posé quatre questions à l’artiste en prévision d’une publication d’interview à venir. Nous l’avons notamment interrogée sur les raisons d’un livre sans texte. Sa réponse nous a étonnés et émus (voir ci-dessous). On ne sait jamais assez combien chaque enfant, dans sa vie encore tendre, connaît ses difficultés propres, met en place ses propres solutions de contournement et de réconforts, et finalement construit ses bonheurs. À lire Iching Hung, on comprend juste qu’il ne faut priver cet enfant d’aucune des voies possibles vers ce bonheur à construire, et dont il se chargera. 

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Interview d’Iching Hung, extrait :

Lorsque j’étais à l’école primaire, j’entrais difficilement dans le monde des mots. Je m’exprimais mal, sauf avec mon sourire. Les mots étaient pour moi des signes difficiles à déchiffrer. Je ne les rejetais pas pour autant : en classe, je remplissais avec un crayon tous les vides des caractères, méthodiquement, avec netteté. Pour le reste, j’étais hermétique à ce que disait le maître sauf quand il nous racontait des histoires. Alors, mes oreilles s’ouvraient comme par magie et je traduisais mentalement l’histoire en images. Ce furent les premiers "livres" sans texte que j’ai créés et lus….

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