10/05/2013

DEDIEU interprète "TURANDOT"

Chaque année, lors des Journées internationales de l’Opéra, pendant le week-end le plus proche du 9 mai (Journée de l'Europe), les opéras d'Europe et au-delà célèbrent l'art lyrique et le talent de ceux qui le font.

Thierry Dedieu, Turandot, HongFeiL’occasion rêvée pour nous de revenir sur la récente publication de Turandot, Princesse de Chine parue en avril 2013 et signée Thierry Dedieu.

Au sein d’une maison d’édition, les raisons de publier un livre tiennent parfois au désir intime de ceux qui la font vivre. Lorsqu’en plus celui-là rencontre la ligne éditoriale, il n’y a vraiment pas de raison de se priver.

Chez HongFei Cultures, l’ultime opéra de Puccini, Turandot, chef d’œuvre incontestable, accompagne depuis toujours nos heures de travail ou de loisirs. La musique, bien sûr… Turandot aussi ! Toutes les deux, d’une beauté incomparable, sont libres, pleines d’ardeur et impétueuses. Et puis, fin 2011, les hasards de nos lectures nous ont conduits au conte d’un orientaliste français du XVIIIe siècle, François Pétis de la Croix, intitulé Histoire du prince Calaf et de la princesse de Chine. C’est à ce texte que le livret de l’opéra empruntait son argument. Nous avions déjà en tête la petite idée de faire un jour de cette histoire le sujet d’un livre. Désormais, nous le souhaitions ardemment. Mais pour porter jusqu’au jeune lecteur cette histoire qui l’emmènerait vers une Chine imaginaire et éternelle par la voie de la beauté et la puissance de l’évocation, il nous fallait trouver un auteur et un illustrateur ayant du souffle et capable d’un geste.

Thierry Dedieu, Dragons de poussière, HongFeiJustement, dans le courant de l’année 2011, un tel auteur était venu à notre rencontre pour nous proposer un projet personnel : Thierry Dedieu ! Après avoir mis en œuvre ce projet publié sous le titre Dragons de poussière – dont nous étions heureux de la qualité, nous avons proposé à Thierry Dedieu d’adapter le texte de François Pétis de la Croix et de l’illustrer. Y ayant réfléchi, il a fini par accepter de relever le défi. Le défi ? Oui… L’auteur-illustrateur explique lui-même, dans une interview à laquelle il répondait à la sortie du livre, qu’il lui a fallu surmonter plusieurs difficultés : il devait se frotter à une « princesse », loin de son genre préféré ;  inscrire l’œuvre à naître dans une filiation scénique (après avoir été un conte, le récit est très vite devenu l’objet de pièces de théâtre puis d’opéras dont le plus connu est celui de Puccini) ; enfin porter atteinte, pour le meilleur, à un très beau texte (méconnu) de la littérature française.

thierry dedieu,turandotNul doute qu’en tous ces points Thierry Dedieu est parvenu à la réussite. Du texte, il précise qu’il l’a taillé comme on taille un rosier, en préservant le plan pour voir éclore des fleurs plus belles encore. De ses illustrations, il dit qu’elles dessinées « au scalpel » afin de ne pas amoindrir la force et la cruauté des caractères en présence.

Thierry Dedieu, Turandot, HongFeiDe l’ensemble, on retient la théâtralité puissante et raffinée, une lecture pleine d’énergie rythmée par des chapitres comme autant d’actes, chacun marqué à son ouverture par une double page couleur carmin comme le velours d’un rideau de scène, une distance qui semble installer le lecteur dans une loge, comme au théâtre, tandis que l’illustrateur joue pour lui avec les plongés, les mises en page audacieuses, les décors minimalistes, etc. , le tout avec beaucoup d’humour.    

Thierry Dedieu, Turandot, HongFeiTel est le livre, au format remarquable (38,5x22,5 cm) qui, pour la première fois, porte l’histoire de Turandot vers les plus jeunes. Puissent-ceux-là – et avec eux, tous les lecteurs – entrer dans cette œuvre comme ils entreraient dans une salle d’opéra pleine des promesses du spectacle à venir.

à lire : l'interview de Thierry DEDIEU (mars 2013)

thierry dedieu,turandot

Thierry Dedieu, Turandot, HongFei

 

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10/04/2013

Hommage au peintre ZAO Wou-ki disparu le 9 avril

zao wou-ki

Zao Wou-KiZAO Wou-Ki, tout juste arrivé de Chine, découvre Paris le 1er jour d'avril 1948. L'après-midi même, il est au Louvre. Et bientôt, carnets de voyages en mains, il parcourt la France, puis l'Italie et l'Espagne à partir de 1951.

En 2006, les éditions Albin Michel nous ont donné à voir les carnets du peintre de 1948 à 1952, dans une sélection assez large (Carnets de voyages). 1948 n’y tient qu’une place très étroite mais cette année ouvre un long voyage : depuis 65 ans, ZAO Wou-Ki a essentiellement vécu et travaillé en France.

De ZAO Wou-Ki, son ami Claude ROY a écrit : « Il est de deux pays ? D’aucun ? Il en invente donc un (au sens de le découvrir) où chacun peut vivre. Rendez-vous ici. Entrons dans la vue de ZA0 Wou-Ki. »

Venir d'ailleurs, ici, en France, et inventer un pays... comme on invente un trésor!

Ci-dessus, l'écriture de ZAO Wou-Ki et une des premières pages du carnets de 1948. A noter : faisant suite aux Carnets de voyage 1948-1952, L’Encre, l’Eau, l’Air, la Couleur réunit une sélection d’encres de Chine et d’aquarelles de Zao Wou-Ki réalisées entre 1954 et 2007, Albin Michel 2008

02/04/2013

Un premier livre sans texte aux éditions HongFei Cultures

VS_int_72dpi-17.jpgAu premier jour du printemps, les éditions HongFei Cultures ont publié, pour la première fois, un livre sans texte, Le Visiteur, d’Iching Hung.

Iching, artiste plasticienne taïwanaise connue au Japon et en Australie pour ses fresques monumentales, réalise ici une « petite » merveille, sans texte.

Le projet, superbe, nous a immédiatement séduits, conquis, mobilisés. Les planches sous les yeux, aucun doute n’était permis pour nous : ce serait là un beau livre. L’originalité et la qualité plastique des créations d’Iching Hung, son talent de narratrice par l’image, la thématique de la découverte sensible et heureuse du monde, le caractère du personnage principal, tout cela rendait le livre à naître évident et, même, nécessaire. Comment ne pas partager le bonheur véritable que le projet suscitait en nous dès le premier coup d’œil, l’enthousiasme dans lequel l’élan du Visiteur emportait le regard, la joie et la surprise d’une fin d’histoire si drôle ?

Pourtant, un livre sans texte n’est pas chose simple. Y compris pour nous, éditeurs HongFei Cultures, attachés à la qualité littéraire et à la place du texte dans les livres de notre catalogue. Et puis, nous suivrait-on ? Les libraires, en cette période difficile ? Les parents, si souvent désireux que les livres portent assez de texte pour qu’ils vaillent la peine d’être achetés ? Les jeunes enfants qui aiment qu’à leur côté un grand – forcément magicien – les aide à entrer dans le mystère des signes de l’écriture qu’eux ne déchiffrent pas encore ?

Iching-Hung-fresque.jpg

Une fois la décision prise, et alors que le projet était en voie d’achèvement, nous avons posé quatre questions à l’artiste en prévision d’une publication d’interview à venir. Nous l’avons notamment interrogée sur les raisons d’un livre sans texte. Sa réponse nous a étonnés et émus (voir ci-dessous). On ne sait jamais assez combien chaque enfant, dans sa vie encore tendre, connaît ses difficultés propres, met en place ses propres solutions de contournement et de réconforts, et finalement construit ses bonheurs. À lire Iching Hung, on comprend juste qu’il ne faut priver cet enfant d’aucune des voies possibles vers ce bonheur à construire, et dont il se chargera. 

VS_couv.jpg 

Interview d’Iching Hung, extrait :

Lorsque j’étais à l’école primaire, j’entrais difficilement dans le monde des mots. Je m’exprimais mal, sauf avec mon sourire. Les mots étaient pour moi des signes difficiles à déchiffrer. Je ne les rejetais pas pour autant : en classe, je remplissais avec un crayon tous les vides des caractères, méthodiquement, avec netteté. Pour le reste, j’étais hermétique à ce que disait le maître sauf quand il nous racontait des histoires. Alors, mes oreilles s’ouvraient comme par magie et je traduisais mentalement l’histoire en images. Ce furent les premiers "livres" sans texte que j’ai créés et lus….

Cliquez ici pour lire l'intégralité de l'interview.

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24/03/2013

Pas de fête sans Champagne.

reims cathedrale.jpgJ’ai eu le bonheur d’être parmi les auteurs invités à rencontrer les enfants de la communauté de communes de la région de Mourmelon le 15 mars, et de prolonger le plaisir en les retrouvant sur le salon du livre aux côtés de Charlotte Gastaut, Agnès Domergue, Fabien Fernandez, Nicolas Bianco-Levrin et de nombreux voyageurs carnettistes dont Antonia Neyrins et Claire Dupoizat. Un grand merci à l’équipe organisatrice menée par Sophie.  

Depuis 2008 j’ai fait pas mal de salons comme éditeur ou comme auteur. L’invitation de la Mourmelonnie a une signification toute particulière pour moi. Ici, le salon a lieu une fois tous les deux ans ; c’est donc une occasion rare. Pour cette édition dont le thème est le voyage, j’ai été choisi par l’organisateur grâce à l’album L’Autre bout du monde dont l’histoire est inspirée de mon enfance à Taïwan. Mais avant tout, ce salon me ramène au cœur de la région de Champagne, où j’ai passé ma première année en France. affiche Salon de la Mourmelonnie1.jpg

En fait, ma vie française a commencé ici, à Reims, un beau jour de septembre 1992. 

 

Vingt ans après y avoir vécu, j’y retrouve la cathédrale, le mail majestueux devant la gare, la place royale, les rues semi-piétonnes qui accueillent maintenant les trams élégants, et les placettes paisibles qui jalonnaient mon chemin d’étudiant… C’est ici que j’ai suivi les cours de langue et de civilisation françaises avant d’entrer dans une école d’architecture à Paris.

 

Architecture gothique, édifices classiques, constructions de l’après-guerre… je suis sensible au charme de ce paysage urbain qui raconte l’histoire de la ville, de la région et de la France. Mais ce qui me relie intimement à cet endroit, c’est le souvenir du jeune homme que je fus, qui le parcourait avec innocence. Il y apprenait à s’inventer une nouvelle vie dans un pays inconnu. Comme sur la prémisse d’un château enchanté qu’il s’apprêtait à explorer, il ne pouvait pas imaginer tout ce qui l’attendait devant lui : palais, galerie, grotte, labyrinthe, folie… mais aussi un arrière-goût de nostalgie de sa vie antérieure. Non, il ne pouvait pas savoir tout ça à ce moment-là.

 

Et comme à l’époque il ignorait presque tout de la France, il ne pouvait pas savoir non plus CE QU’IL NE TROUVERAIT PAS ailleurs. Maintenant, il le sait. C’est pour ça que Reims est et restera unique pour moi. Les autres villes sont des escales ; elle, ma ville natale.

 

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à gauche : Il était une fois... contes en haïku, texte d'Agnès Domergue, éd. Thierry Magnier 2013

à droite : Carnet de Reims : Reims vue par 12 artistes (dont Claire Dupoizat), Bibliothèque municipale de Reims, 2011

20/02/2013

Samuel Ribeyron en interview - SCOOP TOUJOURS !

samuel ribeyron, hongfei culturesChers lecteurs,

Vous connaissez sans doute Samuel Ribeyron, auteur et illustrateur (lien vers son SITE et son BLOG). Chez HongFei Cultures, nous aimons beaucoup son travail. Que dis-je ? Nous l’aimons lui… avec tout ce qu’il fait et tout ce qu’il a à donner. C’est comme ça, Samuel est un homme généreux et très très sympathique dont le talent et la créativité nous touchent singulièrement.

Et comme il se trouve que Samuel est l’illustrateur du premier titre paru aux éditions HongFei Cultures, Yllavu (qu'il en soit encore remercié), qu’il a ensuite illustré un des titres les plus connus de HongFei, Pi, Po, Pierrot,  et que nous avons sur notre catalogue tout le bonheur d’une Salade de fruits entièrement préparée, texte et images, par Samuel lui-même, nous sommes toujours très heureux de le croiser, ici et là, de près ou de plus loin !

Cette fois, c’est les pieds dans « La mare aux mots » qu’on le retrouvera, répondant aux questions de Gabriel qui le fait si bien parler qu’à la fin… on tient un scoop !

En plus de quoi, « La mare aux mots » vous invite à gagner, en partenariat avec les éditions HongFei Cultures, un exemplaire de Salade de fruits. Alors, RENDEZ-VOUS ICI !

Bonne chance et d'abord, bonne lecture.

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cliquez sur les couvertures pour découvrir les livres

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samuel ribeyron,salade de fruits,la mare aux motsPour découvrir la flore et la faune du monde de la littérature jeunesse, entrez dans La mare aux mots

 

13/02/2013

Samedi 16 février, Valérie Dumas en dédicace à Paris

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Dans le cadre des festivités du Nouvel an chinois, amis du Serpent, du Dragon et autre Chèvre du zodiaque, ne manquez les deux dédicaces de Valérie Dumas à Paris :

Samedi 16 février, à partir de 11h, Librairie Texture (94, avenue Jean Jaurès - 75019 Paris / M° Laumière / 01 42 01 25 12.

Samedi 16 février, à partir de 14h, Librairie du Musée du Quai Branly (222, Rue de l'Université - 75007 Paris / 01 47 53 60 23.

Valérie dédicacera son dernier livre Songes d’une nuit de Chine, un zodiaque chinois inédit dont elle signe la galerie de portraits impayables !

Demandez-lui aussi Le Duc aime le Dragon, un livre précédent !

De belles rencontres à tous.

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Songes d'une nuit de Chine, HongFei Cultures, 2012

Le Duc aime le Dragon, HongFei Cultures, 2012

Le SITE de Valérie Dumas

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L'AGENDA 2013 des éditions HongFei Cultures

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10/02/2013

2013, année du SERPENT

Les éditions HongFei Cultures vous souhaitent un belle et heureuse année du Serpent.

Puisse, l'animal, nous offrir à tous le loisir de cultiver la quiétude, la joie des désirs et le bonheur des livres.

Serpent-image.jpg

image de Valérie Dumas, extraite de "Songes d'une nuit de Chine", un zodiaque chinois inédit publié aux éditions HongFei, 2012.

31/01/2013

HongFei Cultures s'installe Rive gauche... de la Loire !

HongFei Cultures, Loire, Amboise

Image de Iching HUNG, extraite de "Le Visiteur", à paraître le 21 mars, jour du printemps !

03/01/2013

Meilleurs voeux pour 2013

Les éditions HongFei Cultures vous souhaitent une belle et heureuse année 2013, fraîche comme le goût de la pêche !

voeux 2013, pauline kalioujny, goût de la pêche

illustration Pauline Kalioujny, pour une fable à découvrir en mars 2013.

30/12/2012

Le Japon, voisin inconnu [3]

lechrysanthemeetlesabre.jpgA la fin de mon deuxième voyage au Japon, notre guide m’a recommandé un ouvrage référence pour tous ceux qui souhaitent comprendre un peu mieux la culture de ce pays. Non, il ne s’agit pas de « Stupeur et tremblements » d’Amélie Nothomb, mais d’un rapport écrit par l’anthropologue américaine Ruth Benedict en 1946 sur commande de l’Office of War Information des Etats-Unis : Le Chrysanthème et le sabre (éd. Picquier 1995).

Comme anthropologue l’auteure nous parle essentiellement du rapport au monde des Japonais : le rapport à l’environnement, aux autres, à soi. Sans ériger le modèle américain en étalon, l’auteure décrit remarquablement une mentalité très différente, loin de tout jugement de valeur. La distinction qu’elle fait entre les cultures japonaise et chinoise, et entre celles américaine et européenne, est tout aussi pertinente.

Parmi les contrastes les plus visibles entre les habitants du nouveau monde et ceux de l’archipel, elle note celui ci : tandis que les premiers valorisent l’image d’un « self-made man », les seconds vivent avec la conscience d’avoir une « dette » envers le monde ; autrement dit, il s’agit d’un égard envers ceux qui nous ont précédés ou qui nous ont aidés à avancer, à nous émanciper. Cette réticence à se mettre en avant, très partagée chez les peuples d’Asie, est parfois interprétée en Occident, où l’individualisme est élevé au rang de valeur émancipatrice, comme une fausse modestie ou une entrave à l’épanouissement d’une personnalité.

Une autre attitude japonaise se démarque fortement de l’utilitarisme qui prévaut en Occident. L’auteure l’a traduite par le mot « sincérité ». C’est la disposition à se concentrer sur une science, une jouissance, un geste à accomplir, ou une promesse à honorer, dans une simplicité quotidienne, sans héroïsme. Elle est à l’écart du pragmatisme des Anglo-Saxons, de l’envolée ou du dilettantisme des Chinois, et à l’opposé de l’hypocrisie ou de la moquerie.

Les visiteurs au Japon remarquent souvent, devant les restaurants, la « copie » en trois dimensions des plats servis : steak, pâtes, fruits, bière… Faites à partir de cire ou de silicone, ces copies ont l’apparence d’une fraîcheur éternelle. Une émission télé de divertissement a mis deux hommes en compétition : l’un est le maître incontesté de cette industrie de fac simili, l’autre est un cultivateur de melons depuis 41 ans capable de distinguer à l'oeil cinq melons cueillis à un jour d’intervalle. Le génie des faux doit fabriquer un melon qui sera mêlé avec quatre autres vrais ; au paysan de l’identifier par éliminations successives. La tension monte, monte… car c’est la réputation d’une vie dédiée qui est en jeu. En fin de compte, le paysan aura bien le dessus. Si la victoire est pour l’un, notre admiration est pour les deux : ils nous ont donné à voir la « sincérité » à la japonaise et croyez-moi c’est un spectacle émouvant à ne pas oublier.

Chun-Liang Yeh

à lire précédemment : Le Japon, voisin inconnu [1] et [2]

 

25/11/2012

HongFei au salon du livre jeunesse de Montreuil 2012

MONTREUIL 2012 - EN AVANT L'AVENTURE !

Montreuil 2012, HongFei CulturesDES LIVRES

DES AUTEURS

DES ILLUSTRATEURS

 

... ET VOUS !

 

au stand HongFei

H 19 (rdc)

 

du 28 nov. au 3 déc.

 

montreuil 2012

 

pour venir au salon... cliquez ici

pour nous trouver, cliquez sur le plan

AU PROGRAMME 

Montreuil 2012, HongFei Cultures* * * retrouvez les titres parus en 2012 ainsi que l'ensemble du catalogue.

* * * rencontrez des auteurs en dédicace : Géraldine Alibeu, Joanna Boillat, Valérie Dumas,Pauline Kalioujny, Clémence Pollet, Anne Thiollier,Wang Yi, Chun-Liang Yeh, Alexandre Zouaghi. Pour connaître les horaires des dédicaces... cliquez ici ou voir ci-dessous.

 

* * * rendez-vous lundi 3 déc., 12h30 :

40, 20, 10, 5... PARTEZ !  Cinq éditeurs de jeunesse et l'émission «L'as-tu lu mon p'tit loup» (25 ans en 2012) fêtent leurs anniversaires ! Retour sur les faits marquants de chacune des maisons, sur les grandes évolutions de la littérature de jeunesse, et réflexions quant à l'avenir et ses enjeux.
Avec Béatrice Decroix, pour le Seuil jeunesse, Hedwige Pasquet, pour Gallimard Jeunesse, Loïc Jacob et Chun-Liang Yeh pour HongFei Cultures, Frédéric Lavabre, pour Sarbacane, Olivier Douzou et Sylvie Gracia, pour Le Rouergue, Denis Cheissoux, producteur de L'as-tu lu mon p'tit loup ?, France Inter et Véronique Corgibet, journaliste.
 

durée 1h30, espace Europe Librairie Aventures, K16

RENCONTRE OUVERTE A TOUS   

montreuil 2012

 

08/11/2012

Clémence Pollet en interview et à la Foire du livre de Brive

clémence pollet,chun-liang yeh,foire de brive,l'auberge des ânes,songes d'une nuit de chineLa 31e Foire du livre de Brive-la-Gaillarde ouvre ses portes Vendredi 9 novembre, et pour trois jours. Les auteurs invités sont innombrables. Ceux « jeunesse » y ont leur place et rencontrent un public curieux et chaleureux.

Cette année, et pour la 2ème fois, HongFei Cultures y sera représentée par la librairie briviste de Jean-Claude Legros (Librairie Chrétienne, 2 rue Bernard-Patier 19100 Brive). Chun-Liang Yeh s’installera sur le stand de la librairie (J4, Halle Georges Brassens) dès vendredi pour dédicacer son tout récent Songes d’une nuit de Chine et ses autres titres. Il sera rejoint pour le week-end par l’illustratrice Clémence Pollet qui dédicacera L’Auberge des ânes, paru en octobre dans la collection « Contes de Chine » et présenté ici sur ce blog.

clémence pollet,chun-liang yeh,foire de brive,l'auberge des ânes,songes d'une nuit de chineÀ cette occasion, nous vous invitons à lire ci-dessous, la transcription de l’interview à laquelle Clémence a répondu, au micro de RCF Nice-Côte d’Azur, lors de son passage au Festival du livre de Mouans-Sartoux en octobre dernier. Clémence y évoque ses premiers pas dans l’illustration, sa rencontre avec les éditeurs et notamment avec HongFei Cultures, et son travail sur L’Auberge des ânes.

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Foire du livre de Brive, du 9 au 11 novembre, à la Halle Georges Brassens. Informations pratiques sur le site de l'évènement : www.foiredulivre.net

Pour lire l'interiew, cliquez sur "Lire la suite" ci-dessous...

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26/10/2012

Prix "L'école aujourd'hui" : Deux albums HongFei en sélection

Deux albums HongFei Cultures sélectionnés pour les prix littéraires jeunesse 2013 de la revue L'ECOLE aujourd'hui

La maison de Yu Ting, Anne Thiollier, catégorie "maternelle"

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Princesse Corbeau, WANG Yi, catégorie "élémentaire"

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cliquez sur les images pour voir en grand

prix littéraire,l'école aujourd'hui,maison de yu ting,anne thiollier,princesse corbeau,wang yiPlus d'informations sur le Prix et les modalités de participation des classes qui le souhaitent dans la revue ou à l'adresse www.LEA.fr/reseau-lea (inscriptions possibles dès le 15 nov.)

Supplément "Le Goût du livre" (maternelle et élémentaire) à la Revue L'ECOLE aujourd'hui, n°32,nov. 2012.

  

17/10/2012

Le Japon, voisin inconnu [2]

rDSC00131.jpgAu 19e siècle, les Occidentaux qui s’installaient dans la ville portuaire de Kobé ont fait construire des villas de style européen, dans le quartier nord à flanc de colline. Aujourd’hui, une soixantaine de villas y sont toujours debout après le violent séisme de 1995 ; l’une d’entre elles, particulièrement bien entretenue, est connue sous le nom de La maison à girouette

Selon notre guide, cette maison fut rendue célèbre grâce à une série télé diffusée en 1977 qui racontait la vie mouvementée d’un couple mixte germano-japonais, avec les joies et les peines que connaissent toutes les unions d'êtres issus de cultures éloignées. À l’intérieur de la maison sont exposées les photos d’un négociant allemand et de sa petite fille habillée en kimono. J’étais songeur : à quoi pouvait-il penser, cet Allemand, lorsqu’il faisait construire sa maison et élevait sa fille dans ce pays à l’autre bout du monde ? Soudain, j’ai eu le sentiment que nous nous comprendrions, et que dans un sens nous appartenions à la même famille, à la même patrie. Je ne me sentais plus seul. 

En fait, après vingt ans passés en Europe, il m’arrivait encore de m’interroger sur mon choix de jeunesse et de rêver à l’autre vie que je n’ai pas vécue, où Taïwan aurait été mon unique petit pays et où la France serait restée une carte postale si jolie. Mon esprit continuait de se tourmenter. Sans m’y attendre, j’ai trouvé la paix intérieure ici à Kobé. 

En japonais, la girouette s’écrit en trois caractères kanji 風見鶏 qui signifient « vent-révéler-coq » ou « coq qui révèle le sens du vent ». Homme volontaire, j’ai tenté de me frayer un chemin dans ce monde et suis probablement devenu moins sensible aux forces invisibles de la vie. Mais il suffit parfois d’ouvrir ses bras pour les caresser et s'en laisser traverser. Devant le vent du grand Mystère, l’émerveillement ne laisse pas de place au regret. 

Chun-Liang YEH

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10/10/2012

"Songes d'une nuit de Chine", en librairie dès le 11 octobre 2012

J'ai fait un rêve...

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Après leur superbe Le Duc aime le Dragon, paru il y a tout juste un an, Chun-Liang Yeh et Valérie Dumas se retrouvent pour notre plus grand plaisir avec Songes d’une nuit de Chine, un zodiaque chinois inédit aux couleurs des songes, et du désir qui fait tourner le monde.

valérie dumas,chun-liang yeh,songes d'une nuit de chine,zodiaque chinoislllLe texte de Chun-Liang Yeh, concis, puissant, scandé, destiné à faire le portrait d’animaux hautement symboliques, laisse pourtant une place à la douceur : celle des désirs (à ne pas confondre avec l'envie) qui permettent toujours de quitter sa nature propre, d’ouvrir tous les possibles et de créer du lien avec le monde qui nous entoure. Pour l’auteur, apprendre à désirer, c’est aussi permettre que les choses changent. Dans ce texte, Chun-Liang emporte le lecteur à la rencontre d’un jeune paysan, fourbu à la fin d’une journée d’un travail harassant, et qui subitement, songe à être Rat parce que celui-là est bien nourri et bien gras sans lever un doigt. Mais ce jeune paysan ignore que Rat se rêve Buffle pour sentir le soleil chauffer  son dos, que Buffle se rêve Tigre pour rugir au sommet des montagnes, que Tigre se rêve Lapin… jusqu’à Cochon qui… mais au fait, à quoi peut bien songer Cochon ? Plein d’esprit, l’auteur confère toute sa place à l’homme sans qui le zodiaque n’existerait pas !

valérie dumas,chun-liang yeh,songes d'une nuit de chine,zodiaque chinoislllL’illustration de Valérie Dumasféminine et précieuse, propose une galerie de portraits inédits, décalés, drôles et hauts en couleurs. Valérie Dumas s’inspire du traditionnel « portrait de studio », où le sujet est mis en situation d’incarner un statut ou un sentiment mais qui, placé qu’il est dans un décor, nous révèle surtout son caractère. Maîtresse du zodiaque à sa manière, Valérie fait poser en fantaisie Tigre, Dragon, Chèvre ou Cheval et relie chaque portrait à celui qui le précède et le suit par un petit élément visuel qu’on s’amusera surement à découvrir ! Ces planches d’ouverture – Le Crépuscule – et de clôture du livre – L’Aube – font prendre à l’homme toute sa place et révèlent tout le sens de l’ouvrage : nos rêves sont créateurs d’un avenir plus beau encore qu’une nuit de songes.

valérie dumas,chun-liang yeh,songes d'une nuit de chine,zodiaque chinoislllLa calligraphie de Wen-Yu Aymard, propose dans ce livre une écriture calligraphique ancienne dite « sigillaire » (d’une époque où l’on gravait les caractères, lorsque le pinceau n’était pas encore entré dans l’usage de l’écriture chinoise). C’est une manière, dans ce livre illustré pour les enfants, de rapporter l’écriture chinoise à ses origines : le dessin. On reconnaitra dans ces caractères – plus ou moins aisément selon les signes – le tracé d’un dessin de rat, de cheval, de serpent…    Wen-Yu Aymard vit à Rouen où elle enseigne la calligraphie.

valérie dumas,chun-liang yeh,songes d'une nuit de chine,zodiaque chinoislllLe zodiaque chinois est souvent présenté, en Occident, sous la forme d’une course d’animaux dont le vainqueur est récompensé par un « grand empereur de jade », faisant abstraction de la conception beaucoup plus libre et ouverte que s’en font les Chinois pour qui le zodiaque est avant tout une manière de rythmer le temps. On en apprendra un peu plus sur lui grâce au supplément « culture » qui, à la fin du livre, permet de le comprendre, de chercher son signe, de s’amuser et pourquoi pas de tracer.

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princess & princesse, valérie Dumas, Susie Morgenstern, Talents Hautsà noter : le 11 octobre, paraît également Princess & princesse, de Susie Morgenstern également illustré par Valérie Dumas, aux éditions Talents Hauts

 

03/10/2012

"L'auberge des ânes" en librairie dès le 4 octobre

L’auberge des ânes, coll. « contes de Chine », éd. HongFei Cultures, paraît en librairie le 4 octobre. Texte d'Alexandre ZOUAGHI et Chun-Liang YEH / illustration de Clémence POLLET

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clémence pollet, alexandre zouaghi, chun-liang yeh, auberge des ânesRésumé : En Chine, à une époque reculée, l'aimable aubergiste Sansan tient seule une auberge de bonne réputation. Les voyageurs sont nombreux à séjourner chez elle et son commerce est florissant comme en témoignent les nombreux ânes qui entourent l'auberge. Il faut dire qu'e Sansan régale ses hôtes d'un vin doux et de galettes dont elle seule connaît le secret de fabrication. Une nuit où il séjourne à l’auberge, un jeune homme du nom de Zhao découvre le terrible secret de Sansan : magicienne, l'aubergiste transforme ses hôtes en ânes qui viennent grossir son troupeau. Zhao, plus avisé que les autres, saura échapper au sortilège de Sansan qu’il prendra même à son propre piège. La vie d’ânesse de la femme aurait pu durer longtemps sans la bienveillance d’un vieil ami moine croisé par hasard !


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Avec L’auberge des ânes, nous avons souhaité porter vers un jeune public francophone un conte de Chine vieux de plusieurs centaines d’années (dynastie Tang), dans une langue contemporaine qui ne trahisse ni l’histoire ni la manière singulière qu’ont les Chinois de la raconter. Les deux auteurs qui ont collaboré à l’écriture de ce texte, Alexandre ZOUAGHI et Chun-Liang YEH, réussissent parfaitement cette gageure. Restés proches du dépouillement de la narration d’origine, ils parviennent, dans un texte élégant, à donner aux personnages et situations une belle épaisseur et un véritable caractère.

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clémence pollet, alexandre zouaghi, chun-liang yeh, auberge des ânesTandis que les auteurs ont préservé la part de rudesse mais aussi tout l’humour dont est capable un conte chinois lorsqu’il ambitionne d’éclairer les hommes et de les appeler à rester attentifs aux mystères du monde qui parfois réservent bien des surprises, l’illustratrice a travaillé dans le même esprit de sobriété. Lorsque nous avons proposé à Clémence POLLET d’illustrer ce texte, nous connaissions son remarquable travail d’illustration réalisé pour L’Ébouriffée (Rouergue 2009) et celui savoureux, épuré, serein et enjoué de Soupe de Maman (Rouergue 2011). Nous étions impatients de découvrir la voie qu’elle donnerait à son image et avons été heureux de la justesse et de la sensibilité de sa proposition. D’autant que Clémence réussit le tour de force de créer une image captivante, gracieuse et résolument moderne tout en puisant avec intelligence couleurs et formes à la source de l’époque Tang !

 

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L'auberge des ânes, coll. Contes de Chine, éd. HongFei Cultures, en librairie le 4 octobre 2012.

 

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À noter, Clémence POLLET vient également d’illustrer le très beau Petit Chaperon bleu paru aux éditions Le Baron perché.

01/10/2012

Le Japon, voisin inconnu [1]

Kyoto2.jpgL’été dernier, j’ai accompagné ma mère pour un voyage au Japon, dans la région de Kansai (Kyoto-Osaka-Kobe) à 2h30 de vol de Taipei. J’y suis allé avec un très bon souvenir de mon premier voyage un an plus tôt à Tokyo, et je ne suis point déçu en y revenant. Je m’étonne toujours : comment arrive-t-on à garder des villes et des campagnes propres, partout, tout le temps ? Les véhicules sont tous lavés, circulant sur les routes impeccablement entretenues, sans une brèche. 

Bien qu’ayant connu le Japon tardivement, j’ai un sentiment particulier à son égard : lorsque mon père allait à l’école primaire, c’était le japonais qu’on y enseignait. Le Japon a dû représenter, dans l’imaginaire des gens de sa génération dans la dure réalité de l’après-guerre à Taïwan, un ailleurs moderne, rationnel et prospère. Venir au Japon pour moi c’est un peu comme partir à la recherche d’un temps perdu, celui d’avant ma naissance. 

Erigée sur le modèle de Chang’an (siège de l’Empire chinois sous les Tang 7e – 9e siècle), Kyoto fut de 794 à 1868 la capitale impériale du Japon. Dans mon exploration de la ville au premier soir, je me suis glissé dans des ruelles le long d’une rivière aménagée non loin de mon hôtel. Les enseignes des pubs y émettaient une lumière tamisée. En face des pubs, sous les saules bordant la rue, de temps à autre un jeune homme à mon approche m’envoyait un message à voix basse… sans doute une invitation à goûter aux plaisirs suaves proposés dans l’un des établissements en traversant la rue. Alors que je continuais mon chemin, cette voix s’estompait dans l’obscurité, laissant derrière elle le parfum d’une jouissance promise et non consommée.  

Voilà mes premières heures à Kyoto, ville historique de 1,5 million d’habitants. Si au cœur de la ville les buildings modernes ont depuis longtemps remplacé les bâtisses traditionnelles en bois, les hommes et les femmes continuent d’arpenter les artères quadrillées tracées il y a plus de mille ans, et aussi les sentiers d’initiation à l’art millénaire de désirer. 

Chun-Liang YEH

26/09/2012

Matteo Ricci, ils sont restés sourds.

IMG.pngEn France je croise parfois des essais et des articles sur la Chine, sa culture et son développement actuel, rédigés par des voyageurs ou divers professionnels ayant séjourné en Chine. Il m’arrive d’être déçu par la persistance de clichés véhiculés par ces auteurs pourtant bien placés pour faire une observation en profondeur et fournir une explication simple et intelligible. De plus en plus souvent, je suis amené à considérer les "récits" sur la Chine comme révélateurs de la largesse d'esprit d’un auteur, et dois me rendre à l’évidence que des auteurs étroits d’esprit voyagent aussi en Chine et diffusent leur vérité sur ce pays. Pourquoi sont-ils publiés ? Parce que ces auteurs sont trop éminents pour qu’on refuse leur contribution, ou que leur éditeur n’est pas suffisamment averti sur ce sujet , ou parce que leur vision des choses correspondrait à celle qui conforte les lecteurs dans la leur ? Sans illusion sur la portée de mes critiques dans ce blog, j’essaie toutefois de garder une trace de mes réflexions qui me seront peut-être utiles dans dix ans lorsque ces clichés dénoncés continueront encore de proliférer. 

Je note ainsi le propos d’un personnage très influent (président d'une grande école de commerce) publié dans une revue spécialisée dont je loue pourtant la qualité éditoriale : 

« …depuis la Révolution française, la revendication d’égalité s’est ajoutée à celle de la liberté individuelle, inventée par les philosophes grecs et magnifiée par le christianisme. Dans le monde asiatique, l'individu n'existe pas, le groupe est le centre de gravité. Pour Confucius, le groupe de référence, c'est la famille. L'Etat, l'entreprise sont à l'image de la famille... » (Chine Plus, n°23, juin-septembre 2012)

Ce propos révèle une double erreur de l’auteur. Premièrement, en Chine, qui est une part non négligeable du monde asiatique, l’individu existe. Ce qui n’existe pas, c’est l’individu sans lien avec les autres. Quant à Confucius, il fait le constat "simple" que personne ne naît de nulle part. Quand un individu naît, il est déjà en lien, à commencer par celui de la parenté. En conséquence, parmi les grandes questions que se pose Confucius, se trouvent la nature de ces liens et ce qu’on en fait.

La deuxième erreur de l’auteur vient de l’opposition qu’il fait entre l’individu et la famille. La famille est un sujet « ambigu » pour les Français. Défendue dans une acception étroite par certains, elle est haïe par d'autres à cause de l’inertie qu’elle incarne dans la reproduction sociale des individus d’une génération à l’autre. Or, sans dénoncer ni sacraliser la famille, Confucius - à la suite du constat signalé au-dessus - fait de la famille un lieu d’apprentissage, naturel et légitime, d’empathie. Auprès de ses parents et ses frères/soeurs, un individu apprend à devenir digne d’avoir des amis qui l’aident à s’émanciper. Se faire des amis (ou créer des liens, comme dit le renard du Petit Prince) afin de se perfectionner en son humanité est l’expression la plus élevée de la liberté individuelle en Chine.

 

Cette compréhension du confucianisme, loin d’être arbitraire, constitue la quintessence d’un ouvrage déjà ancien et écrit par un Occidental, le jésuite Matteo Ricci : Traité de l’amitié (publié en chinois en 1595, aujourd’hui disponible aux éditions Noé en version bilingue. Cliquer ici pour lire la quatrième de couverture). 

 

 

image : portrait de Matteo Ricci, auteur du dessin inconnu, cliché Bibliothèque nationale de France.

 

Chun-Liang YEH

 

 

19/09/2012

"La maison de Yu Ting", d'Anne Thiollier... en librairie dès le 20 septembre

La maison de Yu Ting, d'Anne Thiollier, sort en librairie jeudi 20 septembre.

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La maison, le jardin de la maison, la grand-mère dans le jardin de la maison, le chat noir dans l’arbre dans le jardin… Sur un air de comptine, l’auteure éveille un à un les éléments et crée un monde qui s’enrichit, s’étend, se déploie jusqu’à former un univers harmonieux, une perle d’affection, un cocon rassurant et libre pour Yu Ting, petite fille dans le jardin de sa grand-mère. Le jeune lecteur pénètre ainsi l’univers protégé d’une maison – chinoise – recélant un jardin secret où il fait bon grandir.

Il y a presqu’un an, Anne Thiollier proposait un projet éditorial personnel aux éditions HongFei Cultures. Nous devions nous rencontrer au salon du livre de jeunesse de Montreuil pour en discuter, mais ce salon est ce qu’il est, une formidable fourmilière où le temps manque parfois à la patience du regard et de la lecture. C’est finalement dans un endroit plus calme que nous avons pris le temps de découvrir le travail d’écriture et de peinture de cette auteure, connue ces dernières années pour ses romans jeunesse parus chez Casterman, Gallimard jeunesse ou au Seuil jeunesse. Anne Thiollier avait également à son actif quelques textes illustrés (par elle-même) plus anciens publiés aux éditions Le Sorbier et Bleu de Chine. Elle a vécu une vingtaine d’année en Chine et connaît bien ce pays, sa culture et ses habitants. Et dans chacun de ses livres, l’univers rencontré est celui de la Chine : celle traditionnelle (Un serpent dans un bol de thé), celle maoïste (La vie en rouge) ou contemporaine (Hong Kong Story) ou plus récemment celle des communautés immigrantes (Miettes de lettres).

la maison de yu ting, anne thiollier, hongfei culturesAvec La maison de Yu Ting, Anne Thiollier invite une nouvelle fois à cette rencontre avec la Chine. Mais ici, point d’us et coutumes inconnus et étonnants, pas de mentalité qui interroge, pas de confrontation de cultures. Dans cet ailleurs que seule l’image – des peintures aquarellées, fraiches et douces – désigne ainsi, l’auteure éclaire la part d’universel que recèle la nature humaine.

la maison de yu ting, anne thiollier, hongfei culturesDans La maison de Yu Ting, il y a un jardin et dans le jardin, une grand-mère. Une grand-mère pleine d’affection qui brode, silencieuse, un mot porte-bonheur à l’intention de sa petite-fille. Dans le jardin de la maison de la grand-mère, il y a aussi un chat, un criquet, un arbre, un bol, une soupe. Sur le bol en porcelaine, il y a un pécheur, qui rentre chez lui. Dans ce jardin où, tour à tour, chaque élément s’éveille parce qu’on y prête attention – à moins que l’inverse soit plus vrai encore, et que Yu Ting s’éveille parce qu’elle prête attention à chaque élément – on sent le bonheur simple de la vie qui va.

 

 

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Les éditions HongFei Cultures publient essentiellement des textes d’auteurs chinois qu’elles font illustrer en France. Parfois, nous publions des projets personnels avec ou sans lien avec la Chine, lorsqu’ils font résonner les thématiques qui nous occupent : l’intérêt pour l’inconnu, le voyage et la relation à l’autre. Comment aurions-nous pu résister au projet d’Anne Thiollier ?

 

la maison de yu ting, anne thiollier, hongfei culturesCe qui nous a immédiatement séduits, c’est le rythme du texte, son intention : l’attention à l’autre, délicate et libre, et enfin l’absence complète d’exotisme. Bien sûr, les meubles du jardin sont chinois, les vêtements sont chinois, le pécheur sur le bol de porcelaine est chinois. Mais on ne les regarde pas pour cela, parce qu’ils seraient des objets de curiosité. Ici, on les voit d’abord comme cette part d’univers serein où l’enfant s’épanouit. Le rythme du texte, le choix fait par l’auteure, à travers des mots simples rapprochés les uns des autres, répétés et augmentés sur un air de comptine, jusqu’à devenir phrase puis moment, participe à l’universalité du propos et permet qu’on ressente d’abord l’amour dont témoignent les gestes silencieux de cette grand-mère et la fraicheur de la vie qui s’éveille pour Yu Ting dans ce jardin magnifique.

 

chine,jardin,famille,anne thiollierIdéal pour les petits (dès 4 ans) qui auront là à voir et à entendre, les grands lecteurs, nous l’espérons, trouveront un beau plaisir à la lecture de La maison de Yu Ting.

 

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La maison de Yu Ting, Anne Thiollier, éd. HongFei Cultures, sept. 2012

 

15/09/2012

FÊTE DE L'HUMANITÉ 2012

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Fête de l'Humanité, Village du Lvre, Parc de la Courneuve, 14-16 septembre 2012.