14.05.2012
La reconnaissance de l’Autre [3/3]
Le propos dans mon post précédent est simple : les valeurs « universelles » n'ont pas été proclamées dans un vide culturel. Leur essor et leur actualisation parmi les peuples de cultures différentes sont d'autant plus efficients que notre connaissance intime de ces cultures est solide.
Il faut croire que la majorité des défenseurs des valeurs universelles sont sincères, prêts à reconnaître et dialoguer avec les peuples en face, avec leur histoire et leur culture. D'ailleurs, que peuvent-ils entendre d’un Chinois qui ne soit déjà énoncé en Occident, et qui serait plus beau et plus noble que les belles valeurs dont les droits de l’homme seraient l'ultime expression ?
Comme tout Chinois qui se respecte, je ne vous dirai jamais que la pensée chinoise est la plus élevée ou la plus profonde, que la civilisation chinoise est la plus brillante, que la philosophie chinoise pourrait éclairer le monde entier.
Pour les Occidentaux, les Chinois ont un « défaut » : souvent, ils ne parlent pas, ou pas assez en tout cas. Généralement, ce silence est interprété comme un déficit de pensée libre ou un manque de conviction. En réalité, ils n’expriment leur opinion, n’exposent leur connaissance que lorsqu’ils ont le sentiment que l’Autre est prêt à l’entendre.
Lorsqu’il arrive à un Chinois de révéler son point de vue, c’est comme s’il vous invitait à une dégustation de thé : le thé sera aussi bon que vous serez en mesure de l’apprécier. Il est vrai que les Chinois convient relativement peu les Occidentaux à une telle dégustation. Non pas parce qu’ils seraient moins hospitaliers que d'autres peuples, mais parce qu’une telle rencontre se concrétise plus difficilement sans le partage d’une même langue (française ou chinoise). Difficulté supplémentaire : ce partage passe par une expérience intime de la trajectoire des mots et des concepts dans cette langue partagée, c’est-à-dire par des références culturelles que constituent deux mille ans d'histoire, de légendes, d’anecdotes, de joutes philosophiques, de littérature, de poésie, de théâtre, d'art, etc.
Prenons un mot comme exemple pour illustrer ce propos : ce pourrait être 仁 prononcé rén, un caractère chinois composé des signes « humain » et « deux ». Bien plus que « ce qui se passe entre deux individus », ce mot signifiant « le meilleur de ce qui se tisse entre deux humains » est devenu le concept clé de l’enseignement de Confucius (5e siècle av. notre ère). En effet, il peut exister beaucoup de rapports différents entre deux humains : le ressentiment, l’aliénation, la haine, la rancune, la jalousie, la tromperie, la complaisance, l’obligation, la confiance, le don, le pardon, l'hospitalité, l’amitié, la loyauté, l'empathie et l’émancipation, etc. Le confucianisme (et non la doctrine de ses usurpateurs) consiste à développer un ensemble d’outils conceptuels nous aidant à éviter les pièges dans notre quête des idéaux du vivre-ensemble, grâce à la perfection de soi et à la rencontre d’un Autre, singulier, concret et vivant.
Fondamentalement, il s'agit ici de l'expression d'un humanisme basé sur la « reconnaissance de l’Autre ».
Ces mots chinois existent aussi en français (sans quoi je n'aurais pas pu écrire ce post), mais la différence de civilisation fait que les Européens, héritiers du christianisme, de la Renaissance et des Lumières, n'ont pas choisi de les "activer" d'une manière systémique pour penser la société humaine.
Pour ceux qui s’y intéressent, je recommande volontiers quatre ouvrages contemporains, dont trois ont fait déjà l’objet d’un article sur ce blog (posts accessibles via l'hyperlien). Tous ont le mérite de présenter le plus clairement possible l'humanisme chinois en s’appuyant sur les concepts et catégories de pensée véhiculées par la langue française.
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100 mots pour comprendre les Chinois, par Cyrille J.-D. Javary (Albin Michel 2008)
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Traité de l’efficacité, par François Jullien (Le Livre de poche 2002)
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Manuel de chinoiseries : A l'usage de mes amis cartésiens, par Chenva Tieu (Anne Carrière 2009)
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L’importance de vivre, par Lin Yutang (première publication en anglais en 1937)
Chun-Liang YEH
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09.05.2012
L’Universalité et l'existence de l'Autre. [2/3]
Lors de la soirée évoquée dans l’épisode précédent, l’écrivaine-voyageuse en est venue à m’enjoindre de reconnaître les Droits de l’Homme comme une valeur universelle, faute de quoi je serais complice des mesures, critiquées en France, du gouvernement chinois actuel.
Étrange mise en demeure…
Je pense pourtant qu’il est possible de questionner les valeurs universelles, ou plus précisément leur instrumentalisation, indépendamment de l’actualité politique de tel ou tel pays.
En effet, chez certains défenseurs des droits universels de l’homme, une attitude me paraît particulièrement troublante : il leur arrive d’emprunter le costume de l'évangéliste ou pire, de l'inquisiteur. Pour eux, l’« universalité » est un label qui les dispense de la nécessité de connaître les peuples qu’ils entendent convertir à la lumière et la raison. Ils font ainsi peu de cas des « cultures » rencontrées sur leur passage.
Ces « missionnaires » des temps modernes oublient une chose essentielle : les peuples rencontrés ne sont pas des arriérés et ont une mémoire et un regard sur les arrivants. A ce double titre, ils exigent de ces derniers une crédibilité à la hauteur des valeurs proclamées. Or, pour ce qui les concerne, les Chinois ne reconnaîtront probablement pas les Européens comme pleinement crédibles tant que ceux-ci demeureront ignorants d'un passé récent entre l’Europe et la Chine (parce qu'il est fort peu enseigné à l'école ici).
Lors du dîner que j'évoque plus haut, un convive plein de bonne intention m'a expliqué que ce sont les Anglais qui, arrivant en Chine au 19e siècle, ont obligé les Chinois à cesser de se droguer avec l'opium. Mais faut-il rappeler que :
[…] les Britanniques, au nom de la liberté du commerce, envoient leur flotte de guerre en juin 1840 pour imposer par la force le droit de vendre (en Chine) la drogue venues des Indes… Il ne s’agit cependant pas que d’une page particulièrement honteuse de l’histoire britannique, mais bien, pour les rapports entre l’Occident et la Chine, d’un tournant historique. Les manuels d’histoire français d’aujourd’hui oublient totalement les guerres de l’Opium, alors que la France a participé très activement à la deuxième…
Extrait de « Opium et canonnières » par Alain Croix et Vincent Joly, in La soie & le canon, France-Chine 1700-1860, éd. Gallimard, catalogue de l’exposition éponyme au musée de l’Histoire de Nantes, 2010.
Chun-Liang YEH
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04.05.2012
Voyageur, passeur de clichés ? [1/3]
Récemment, j’ai eu l’occasion de partager la table d'une écrivaine-voyageuse. Pendant le repas, son récit des pays visités épata les convives qui ne pouvaient placer un mot sur les lieux, les coutumes et les parfums qu’elle décrivait parce que, souvent, ils ne les connaissaient pas. Elle nous parla aussi de ce qu’elle vit en Chine. De ce qu’elle vit, une part limitée de cet immense pays, elle fit une généralité, faisant abstraction de ce qu’elle ne vit pas, de ce qui ne lui fut pas immédiatement visible, avec une suffisance déconcertante.
Le monde n’est pas à un paradoxe près : lorsqu’un « voyageur » est tenté de collecter, auprès des populations « exotiques », des scènes qui vérifient ses préjugés, il ne peut qu'enfermer dans encore plus de clichés ceux à qui il rapporte son « témoignage », au lieu de leur faire voir de nouveaux horizons.
La multiplication des contacts – à travers déplacements et internet – ne garantit guère une meilleure compréhension de l’Autre. Car l’origine de cette optique faussée est dans notre regard, dans ce que nous cherchons à voir. Pour les missionnaires européens du 16e siècle, les Chinois formaient un peuple qui n’avait pas eu la chance de connaître la foi chrétienne. Pour les négociants et militaires anglais du 19e siècle et leurs alliés américains et français, les Chinois étaient une proie facile avec des richesses à piller. Pour les Français du 21e siècle, que dire d'un Chinois, des Chinois ?
Rien, bien sûr, ne nous oblige à connaître les Chinois ; nous nous posons néanmoins cette question, car à travers le regard que nous portons sur l’Autre, nous pouvons mieux nous connaître.
Chun-Liang YEH
Images extraites de l’album Le Duc aime le Dragon, illustré par Valérie Dumas.
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01.05.2012
"Le Cadeau des quatre saisons" ou l’éloge du voyage... EN LIBRAIRIE LE 3 MAI
Les éditions HongFei Cultures sont heureuses d’annoncer la parution, le 3 mai, de leur nouveau titre Le Cadeau des quatre saisons, une rêverie littéraire de Shih-Jen LIN, auteur taiwanais traduit pour la première fois en français, et doucement illustrée par Joanna BOILLAT.
Cet éloge du voyage, écrit en 1995, a traversé bien des saisons déjà. Dans sa vie nouvelle, en France, il inspire à Joanna BOILLAT des illustrations contemplatives où la poésie le dispute à la beauté du mouvement des couleurs.
Extrait
Passé la première tempête de l’été, le bohémien pointe sa tête hors de la poche d’une dame kangourou. Il découvre alors une plaine parsemée de petites flaques d’eau, baignée de lumière.
« Merci infiniment de ton aimable hospitalité, dit le bohémien en prenant congé de la dame kangourou. Un silence délicieux règne sur cet endroit ; c’est ici qu’on verra naître la plus belle harmonie du monde. » Il donne un baiser tout léger sur la poche de la dame kangourou avant de s’en aller avec une libellule qui passait par là.
La dame kangourou sent une petite agitation dans sa poche, comme si...
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Nous sommes particulièrement heureux de cette collaboration avec Joanna dont le travail d’illustration, d’une paisible intensité, nous a séduits dès la création des éditions HongFei Cultures en 2007 et avec qui nous nous étions promis de travailler.
EN LIBRAIRIE LE 3 MAI 2012, Le Cadeau des quatre saisons, coll. Belle Île Formosa. Texte de Shih-Jen LIN, traduit du chinois par Chun-Liang YEH et illustré par Joanna BOILLAT.
* * *
Pour découvrir les livres illustrés par Joanna BOILLAT, rendez-vous sur la PAGE de l'artiste, sur le site de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.
11:09 Publié dans HongFei : Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : joanna boillat, shih-jen lin, cadeau des quatre saisons, taiwan |
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29.04.2012
Médiathèque Hermeland... un repaire de Bête en Loire-Atlantique !
Du 23 avril au 16 juin 2012, la Médiathèque Hermeland de Saint-Herblain (près de Nantes) consacre une très belle exposition à une centaine d'oeuvres de Géraldine Alibeu. Expo Géante, scénographie de qualité... tout est réuni pour une découverte de très belle qualité de l'univers singulier et talentueux de Géraldine.
Parmi les oeuvres exposées, La Bête, étrange, fascinante et pour laquelle on se prend immanquablement d'affection, imaginée par Géraldine pour illustrer les deux titres de Pei-Chun Shih parus aux éd. HongFei Cultures (voir plus bas).

A découvrir également, parmi beaucoup d'autres créations, les originaux du dernier album-CD de Géraldine Alibeu, Les morceaux d'amour (éd. Autrement, 2012) et les dessins cousus de l'album Le bon moment (éd. La joie e lire, 2011).
Une rencontre est prévue avec l'artiste jeudi 24 mai, à 20h.
Médiathèque Hermeland, Rue François Rabelais - 44817 Saint-Herblain - rens. 02.28.25.25.25
Pour un aperçu plus complet de l'exposition, rendez-vous sur le BLOG de l'artiste.
* * *
à découvrir, aux éd. HongFei Cultures, La Bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup (mars 2011) et Veux-tu devenir Bête ? (mars 2012) deux livres de quatre histoires chacun, pleins de drôlerie et de philosophie, illustrés par Géraldine Alibeu.
11:29 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géraldine alibeu, hermeland, la bête, exposition |
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23.04.2012
23 avril - journée mondiale du livre, du droit d’auteur et de la TRADUCTION

En célébrant cette journée dans le monde entier, l'UNESCO souhaite « rendre un hommage au livre et à ses auteurs, et encourager chacun, en particulier les plus jeunes, à découvrir le plaisir de la lecture et à respecter l’irremplaçable contribution des créateurs au progrès social et culturel. »
Un hommage tout particulier est rendu à la TRADUCTION et aux TRADUCTEURS et nous souhaitons nous y associer...
12:44 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journée mondiale du livre, traduction, chun-liang yeh, yves bonnefoy |
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20.04.2012
Un livre, une rose et... nous !
Ne manquons pas, samedi 28 avril,
la Fête de la Librairie.

Ci-dessous, présentation de l'évènement par les libraires indépendants
11:51 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : librairies indépendantes, fête de la librairie |
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12.04.2012
Bête à rire et à penser...
Veux-tu devenir Bête ? c'est aujourd'hui, dans toutes les bonnes librairies ! Quatre épisodes drôles et pleins de philosophie écrits par Pei-Chun Shih, traduits par Chun-Liang Yeh, et illustrés par Géraldine Alibeu.
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Court extrait de l'épisode n°2, comme une mise en bouche :
Veux-tu devenir Bête ?
C’est la fin de la journée. La Bête se promène dans la forêt où elle croise un Homme. Cet Homme, qui vient d’on ne sait où, n’a jamais rencontré la Bête. Lorsque la Bête le salue amicalement, il est très surpris.
« Tu sais parler ! » dit l’Homme en pointant son index vers le nez de la Bête. Celle-ci trouve le geste amusant et l’imite aussitôt. Elle pointe une patte vers le nez de l’Homme et dit : « Tu sais parler, toi aussi ! »
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à découvrir ou redécouvrir, le premier volume des histoires de La Bête, publié en mars 2011 : La Bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup.
09:24 Publié dans HongFei : Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la bête, pei-chun shih, géraldine alibeu, chun-liang yeh, philosophie |
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06.04.2012
Pâques Surprise !
23:37 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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05.04.2012
Veux-tu devenir Bête ?
Veux-tu devenir Bête ? de Pei-Chun Shih et illustré par Géraldine Alibeu... en LIBRAIRIE dès le 12 avril 2012 !
Elever un poisson, posséder une fleur, faire un vœu au clair de lune avec ses amis lapin et grenouille… voilà des passe-temps qui occupent drôlement la Bête.
Après La Bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup, quatre nouveaux épisodes farfelus de la Bête qui, passant par là et connue de personne, s’attire très vite les questions et s’attache immanquablement les affections.
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Pour en savoir plus, cliquez ici.
12:48 Publié dans HongFei : Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pei-chun shih, géraldine albeu, la bête, philosophie, taiwan |
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02.04.2012
« Aider ce qui vient tout seul ». Interview de HongFei...
Le site d'actualité des livres pour la jeunesse Mes Premières Lectures invite les éd. HongFei Cultures à répondre à une interview.
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EXTRAIT :
Mes Premières Lectures : Quelles ont été les étapes marquantes de l'histoire des éd. HongFei Cultures ?
HongFei Cutures : Nous parlons davantage d’une transformation permanente et silencieuse plutôt que d’étapes marquantes. Comparons la création d’une maison d’édition à une culture : au moment du semis, chaque pluie est essentielle. Ensuite, pas un centimètre de la tige de la plante qui pousse n’a moins d’importance qu’un autre. Enfin, chaque grain récolté enrichit la production. Il faut être attentif, disponible, efficace. Un penseur chinois a résumé le propos en une formule magistrale : « aider ce qui vient tout seul ». Au cours du temps, et sans coup d’éclat, nous faisons naître les collections et les livres.
* * *
Pour lire l'interview dans son intégralité, rendez-vous sur le SITE de Mes Premières Lectures.
18:28 Publié dans médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interview |
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29.03.2012
Agenda musical
Découvrez en musique où rencontrer les auteurs et illustrateurs publiés aux éd. HongFei Cultures du 29 mars au 1er avril :
Géraldine Alibeu, Thierry Dedieu, Valérie Dumas, Pauline Kalioujny, Samuel Ribeyron, Chun-Liang Yeh.
De belles journées à tous !
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28.03.2012
Contre la double peine pour les mots !
Il y a quelques jours, une lectrice-bloggeuse, Kik, s’est fait l'écho, sur son blog Les Lectures de Kik, de sa récente lecture de Mûres mûres, un titre des éd. HongFei Cultures publié en 2008.
Nous sommes heureux que cette lectrice ait apprécié ce livre qui est une très bonne découverte. Comme bloggeuse, toutefois, elle choisit de mettre l’accent sur la présentation que l’éditeur fait de la collection dans laquelle le livre est publié, à savoir la collection Cœur vaillant.
Au moment de poster sa chronique, Kik nous a courtoisement informés de cette publication en précisant : « J'espère que ma sincérité ne vous chiffonnera pas... ». Chiffonnés, non. Mais, comme éditeurs, nous jugeons important de nous donner ici le temps d’une réponse qui dépasse d'ailleurs le seul cas évoqué.
EXTRAIT de la chronique :
L'éditeur précise avant de commencer l'histoire que ce conte minuscule (je ne le trouve pas si petit!) est inspiré d'un texte classique chinois de Guo Ju-Jing (XIIIe siècle), auteur connu pour sa compilation de vingt-quatre histoires de piété filiale. J'aime cet aspect "historique". L'initiation des jeunes lecteurs à des contes classiques. Par contre pourquoi minuscule, pourquoi une présentation édulcorée de la collection Cœur vaillant : "Collection de contes minuscules tout mignons tout tendres"
Ce n'est pas parce que l'on s'adresse à des enfants de 3-6 ans que l'on doit faire quelque chose de "mignons" et "tendres"... gnangnan on peut dire aussi ? ... C'est dommage de présenter la collection ainsi. Je ne connais qu'un titre, mais pour celui que j'ai lu, je peux dire que l'histoire de Yuanyuan n'est pas ainsi.
SUITE :
Je ne connais qu'un titre, mais pour celui que j'ai lu, je peux dire que l'histoire de Yuanyuan n'est pas ainsi. […] ce n'est pas too much, dans le gnangnan édulcoré on a vu pire. De plus, il y a cette touche de morale liée au conte, lorsque le serpent décide de ne pas mordre YuanYuan car celui-ci est généreux avec sa mère et sa grand-mère, qui rend l'histoire intéressante. Les aventures de YuanYuan invite le lecteur à réfléchir sur la générosité et le partage. Ce thème classique, souvent évoqué dans la littérature pour la jeunesse est ici développé de manière originale. […]
Cette chronique est pour le moins paradoxale car elle reproche à l’éditeur de faire [extrait] ce que, par ailleurs, elle établit qu’il ne fait pas ! [suite].
Considérant que les mots « tout mignons tout tendres » s’appliquent à la caractérisation de la collection Cœur vaillant, lorsqu’on les sous-titre – et du coup explicite – par l’expression « gnangnan », cela revient à dire, que l'intention affichée de l'éditeur est de faire du « gnangnan ». Mais quand dans le même temps, on ajoute qu’on trouve dans Mûres mûres tout autre chose et qu’on est même complimenteur, que faut-il comprendre ? De deux choses l’une : soit, pour dire les choses simplement, l'éditeur ne fait pas exprès ce qu'il réussit (cherchant à faire le pire, il serait arrivé au mieux) ; soit il convient de lire autrement ce « tout mignons tout tendres ». Et c’est bien ce que nous proposons.
La langue française est une richesse commune et vivante. La précision dont elle est capable est une des qualités dont profitent ceux qui empruntent ses voies. Que ces mots « mignon » et « tendre » aient été soumis à un avilissement, c’est chose certaine. Mais est-il besoin à tous, et notamment à un éditeur, de se soumettre aux mauvais usages ? N’est-ce pas donner autorité aux mauvais usagers ou, pire, aux usagers de mauvaise foi ! Et ce serait punir deux fois les mots : d’abord galvaudés, on les disqualifierait. Autrement dit : impuissant à lutter contre les mauvais usages, on choisirait de supprimer les mots victimes de ces mauvaises manières !
Pour notre part, nous prétendons cultiver la richesse de la langue. Nous le faisons particulièrement parce que nous nous adressons aux enfants qui s’approchant de la langue, puis la fréquentant, finiront par l’apprivoiser. Ils nous arrivent souvent, à ce sujet, de penser à ceux qui, de langue étrangère, découvrent et apprennent avec appétit le vocabulaire français. Et toujours nous nous souvenons qu’un auteur ne confond pas un mot avec le sens d’un autre.
Puisqu’il ne paraît pas inutile de revenir à leur définition (Dictionnaire de l’Académie française), rappelons : « mignon : qui charme par sa délicatesse, sa petitesse » ; « tendre : qui éprouve, manifeste de l'affection, de l'amitié, de la générosité ou qui en relève ». Mignon et tendre se rapportent bien sûr aux petits héros de ces contes chinois publiés dans la collection (un panda roux dans Mûres mûres, un hérisson jaune ailleurs, un petit lapin blanc et un écureuil rouge ailleurs encore). Rien ici qui dégrade, rende idiot, prenne le parti de la facilité ! Et même, à bien y regarder, on notera que l’un des deux termes renvoie à l’Autre (charmé) quant le second renvoi à Soi (éprouvé). À nous, cela convient bien puisque nous publions dans cette collection, de courts textes qui portent comme projet principal l’apprentissage de "Ma Relation à l’Autre" (entendons, par le fait de l'identification, la relation du petit lecteur à l'autre, celui qui n'est pas lui).
En réduisant ces mots à l’avilissement auquel d’aucuns les soumettent, ne risque-t-on pas de participer à leur dévalorisation ? Pour notre part, nous plaçons avec fierté les mots « mignon » et « tendre » – et toute la valeur que nous leur reconnaissons – en exergue d’une collection de contes, dont nous annonçons qu’elle s’adresse aux plus jeunes par un effet de style (« tout mignon… ») et de vocabulaire (« contes minuscules ») choisi et assumé.
Loïc Jacob et Chun-Liang Yeh, éditeurs
01:27 Publié dans journal d'éditeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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23.03.2012
Salons et dédicaces, du 23 au 25 mars
A noter, de nombreux rendez-vous avec les éd. HongFei Cultues et leurs auteurs / illustrateurs du 23 au 25 mars
Thierry Dedieu, Dragons de poussière, invité d’honneur du Salon "Résistnes" de Saint-Marcelin (36)
Rencontres autour de Samuel Ribeyron, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruits, Médiathèque de Givors (69)
Sophie Roze, L’Autre bout du monde et Mais où est donc le lapin ?, invitée de la Semaine du Livre Jeunesse à Luçon (85)
Chun-Liang Yeh, Yexian et le soulier d’or et Le Duc aime le dragon, invité du Salon de Thénac (17)
Stand des éd. HongFei Cultures au Salon du livre de Bondues (59)
De belles rencontres à tous !
11:22 Publié dans agenda, HongFei : Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21.03.2012
ENFANCES - Bobi+Bobi s'expose à Rablay-sur-Layon (49)
Du 26 mars au 6 mai, à Rablay-sur-Layon (Maine-et-Loire), la très dynamique galerie "Village des Artistes" organise une exposition autour du thème de l'Enfance. Sophie Touret, la responsable des lieux, réunit et présente des oeuvres de six artistes : Gaëlle Allart, Bobi+Bobi, Môsieur J, Gisèle Buffet, Caroline Secq, Jérôme Paressant (voir le dossier de presse, au bas de cet article).
Concernant Bobi, ce sont notamment les originaux de Yin la Jalouse (paru en 2009 aux éd. HongFei Cultures) qui seront exposés.
Les deux livres Yin la Jalouse et Un ami pour Lucas, également illustré par Bobi et publié aux éd. HongFei, seront en vente sur place.
cliquez sur l'image (ci-dessus/ci-dessous) pour lire plus confortablement
télécharger le DOSSIER DE PRESSE de l'exposition
- - -
Galerie Le Village d'Artistes - place du Mail 49750 Rablay-sur-Layon - Renseignement au 02.41.78.61.32 - http://villagedartistes.canalblog.com
21:54 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bobi+bobi, exposition, yin la jalouse, village des artistes |
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14.03.2012
"Free Radical", un Festival de libres caractères chinois
Sur ce mur noir, 2000 carrés blancs laissent voir 2000 caractères chinois totalement fantaisistes.
Free Radical (c'est le nom de l'oeuvre) est le résultat d'un projet surprenant imaginé par deux designers japonais et impliquant des centaines de participants. Les deux créateurs, Tatsuya Saito et Takaaki Ishizawa, ont souhaité tendre et rendre visible un lien entre le son et le trait tracé du caractère.
Partant de caractères chinois existants, ils les ont décomposés pour n'en garder qu'un élément, souvent la racine, qu'ils ont ensuite confiés à des internautes anonymes. Ces derniers, à qui l'on fit égalemment écouter des sons, avaient alors pour mission de recomposer un pseudo-caractère dont les traits leur seraient inspirés par ce qu'ils entendaient. Conformément à la tradition, chaque caractère est composé d'une multitude de traits répondant aux codes de l'écriture chinoise et s'inscrit dans un carré.
Mais au contraire du caractère chinois né d'une image ou d'une idée, ceux-ci sont nés de l'oreille. Un peu comme si on demandait à des Français de créer puis de transcrire phonétiquement des mots qui leur seraient inspirés par l'écoute de sons. On obtiendrait des lettres (celles de l'alphabet, comme ici on a des traits) liées entre elle pour former des mots (comme ici on a des caractères) sans signification réelle.
Ici, bien sûr, le jeu consistait aussi - et finalement surtout - à faire surgir une harmonie et une beauté : celles propres à chaque caractère d'une part ; celles ressortant de leur réunion d'autre part.
Formidables caractères qui donnent à voir ce que d'autres ont entendu... Mur enchanteur qui conduit à ressentir ce que d'autres ont tracé.
* * *
L'exposition s'est tenue en 2011, dans les bâtiments d'une friche portuaire désormais dédiée à la création culturelle, à Kaoshiung, Taiwan.
Pour un meilleur aperçu du mur, rendez-vous sur le site des designers du groupe ABCS, cliquez ici.
08:48 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : free radical, caractère chinois, idéogramme, tatsuya saito, takaaki ishizawa, kaoshiung, art |
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09.03.2012
L'Art se livre... à St-Germain-lès-Arpajon
Depuis lundi 5 mars, L’Art se Livre à st-Germain-lès-Arpajon. L’Art se Livre à la jeunesse et à tous ceux pour qui il importe que les enfants rencontrent des auteurs, des illustrateurs et des éditeurs avec lesquels ils approcheront d’un peu plus près la réalité des livres et des expériences de vie, toutes choses prometteuses de belles richesses pour eux.
Aux côtés d’Anthony Browne, invité d’honneur du salon, une vingtaine d’auteurs et d’illustrateurs talentueux, aux formes d’art et de littérature variées, ont été conviés par les organisateurs (l'association FLPEJR, et Marie-Aude à la coordination générale) à présenter leur travail lors d’expositions, d’ateliers, de spectacles. Parmi eux, Chun-Liang Yeh rencontrera plus de 300 enfants de 5 à 11 ans qu’il conduira dans une lecture singulière de ses livres. Singulière, tant il est vrai que la présence et la voix d’un auteur recèlent toujours une part de merveilleux pour les jeunes lecteurs qui le côtoient le temps d'une heure ou deux.
Chun-Liang dédicacera également ses livres samedi après-midi et dimanche après-midi dans l'Espace Olympe de Gouges, sur le stand de la librairie La Plume du Page (Arpajon), partenaire du salon.
Rendez-vous à l'Espace Olympe de Gouges, rue René Dècle, 91180 Saint-Germain-lès-Arpajon.
Suivez le lien pour connaître tout le PROGRAMME de l'évènement.

Ci-dessus, l'espace Olympe de Gouges, Salon du livre mars 2011
00:09 Publié dans agenda, HongFei : Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : saint-germain-lès-arpajon, anthony browne, flpejr, l'art se livre |
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06.03.2012
As-tu vu La Bête ?
Telle est la question d'actualité à Bologne.... où Géraldine Alibeu - et ce personnage au physique à nul autre pareil - fait partie des illustrateurs sélectionnés.
Bologne 2012, 19-22 mars... À le bel horizon !
Au fait, savez-vous qu'en France, c'est un autre bruit qui court... un deuxième recueil de quatre histoires dans lequel La Bête pointerait le bout de son nez !
Faut-il y croire ? Ici, un début de réponse... et de drôles de choses !
* * *
12:09 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géraldine alibeu, la bête, bologne |
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02.03.2012
Dedieu fait surgir les Dragons !
Dans toutes les bonnes librairies dès le 8 mars, Dragons de poussière, le nouveau livre de Thierry Dedieu, publié aux éd. HongFei Cultures.
Plus de détails sur la page Dragons de poussière du site des éd. HongFei Cultures.
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26.02.2012
HongFei voit venir un dragon haut en couleurs...
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