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10/10/2010

Un lapin malin a trois terriers.

lapin08-lapin-haut-petit.jpgMais où est donc le lapin ?, le deuxième titre de la collection en quatre mots, est la première publication de la jeune artiste Sophie Roze, déjà distinguée pour son film d’animation Les escargots de Joseph. Nous avons eu beaucoup de plaisir dans cette collaboration où l’illustratrice nous régale avec des scènes drôles à souhait reflétant parfaitement l’état d’esprit de notre héro espiègle, Dan le lapin.

 

Ce livre présente deux histoires résumées chacune par une expression proverbiale en quatre mots chinois appelée chengyu. L’expression « Jiao tu san ku » vieille de plus de deux mille ans et mise en exergue par le deuxième épisode de l’album, est l’une des plus connues des Chinois.

 

Jiao tu san ku  狡兔三窟 peut se traduire littéralement en « Un lapin malin a trois terriers ». Comme beaucoup d’autres chengyu, c’était à l'origine une métaphore employée par un stratège auprès d'un prince à l’époque des Royaumes combattants (476-221 B.C.). En l’occurrence, le stratège répond au nom de Feng Xuan et le prince du royaume de Qi s’appelle Mengchangjun. En effet, le stratège Feng ne s'est pas contenté de conseiller son maître ; il a aménagé trois « refuges » pour Mengchangjun sans obtenir son accord en amont. Quel esprit d’initiative !

 

La suite de l’histoire est prévisible : Mengchangjun a pu échapper à une série de calamités et de persécutions grâce aux repaires préparés à l’avance par son conseiller clairvoyant.

 

Que les Chinois aient présent à l’esprit cette nécessité de clairvoyance est témoigné par plusieurs chengyu similaires, mais aussi par un caractère emblématique : xiong   traduit communément en « mauvais augure » :

 

Quasiment inchangé depuis trois mille ans, le caractère se compose de deux parties, dont l’une X est la représentation d’une marche régulière progressant selon un rythme alternatif, comme jadis l’avancée d’un faucheur dans un champ, et l’autre U, l’évocation d’une sorte de fosse dans laquelle la forme en X semble enserrée. L’association des deux signes montre un flux régulier qui, au lieu de s’écouler librement et de manière productive, est tombé dans un trou, à l’intérieur duquel il s’envase et pourrit.

 

Cyrille J.-D. Javary, Le discours de la tortue, p. 47, éd. Albin Michel 2003

 

Ainsi, pour un esprit chinois, la fermeture - dans le sens de « l’étau se resserre » - est le présage par excellence d'une situation néfaste et potentiellement mortelle car sans issue. Vivre longtemps et heureux, cela implique avant tout de s'éloigner de telles éventualités fâcheuses.

 

Image extraite de l’album Mais où est donc le lapin ?, éd. HongFei Cultures, illustré par Sophie Roze.

 Ecouter une sélection de chengyu sur le site de la revue Planète chinois

08/09/2010

Paysages secrets

BL_EMP1.jpgComme étudiant à l'université, avec mon premier salaire de professeur de science physique à domicile, je me réjouissais à l'idée de m'offrir quelques beaux livres de géographie illustrée, dont un recueil des images des plus beaux sites du monde. N’a-t-on pas dit dans une chanson du groupe Boston : 

  

"It's what you can see that takes you there, your destination."

  

C'est ce que tu peux voir qui t'emmène là, à ta destination. 

     

Avant même que j'aie le temps de réaliser mes vœux (de beaux livres), un vendeur d'encyclopédies a réussi à me convaincre que 33 volumes de Britannica, c'était mieux. C'est ainsi que je me suis embarqué pour un voyage imaginaire plutôt par les mots que par les images.

   

Parmi mes lectures, depuis mon enfance, que ce soit en image ou en texte, les récits de voyage m'attirent plus que les autres genres. Ils me sont doux comme le chant de sirènes.

  

En comparaison, mon intérêt pour les biographies des hommes du passé ou du présent est très récent. Il s'est installé sans que je m'en aperçoive. Il est probable que l'étude des personnages dans les romans a aiguisé ma sensibilité aux mouvements des cœurs humains. Je suis amené, petit à petit, à lire les hommes et les femmes rencontrés dans la vie. Joies, douleurs, rêves et espoirs constituent un paysage intérieur des êtres humains, pas moins fascinant à explorer et à contempler que les sites extraordinaires montrés dans les guides touristiques.

   

De ces paysages secrets, j'en ai vu de très beaux. J'en suis heureux.

   

 

 

image extraite de l'album Les Deux Paysages de l'empereur, illu. Wang Yi, en librairie le 28 octobre 2010.

01/09/2010

Drôles de maris

image.jpg« Il se trouve que dans une association de "développement personnel", les membres sont toutes des femmes mariées. Selon le programme du jour, elles devront demander à leur mari les six défauts les plus graves qu’elles doivent corriger chez elles-mêmes.

 

Une semaine plus tard, elles se réunissent de nouveau et commencent à énoncer les reproches récoltés auprès de leur mari : l’un trouve que son épouse ne fait pas assez la vaisselle, l’autre pense que la sienne devrait préparer plus souvent le petit déjeuner… Il y en a ainsi de toutes sortes.

 

Seule une de ces femmes sourit en silence. En effet, son mari lui a affirmé qu’il l’aime telle qu’elle est. Mieux, il lui a offert six roses en signe de son amour.

 

Inutile de dire combien les autres femmes l’envient. Toutes soutiennent que si leur mari était aussi attentionné, elles s’empresseraient de corriger TOUS leurs défauts. »

 

Image : couverture de « L’influence fait gagner » (Commonwealth Publishing, Taipei 2003) par HEI Youlong, d’où est extraite l’anecdote.

26/08/2010

La Drôme provençale

P8190018.JPGCe soir-là, nous sommes confortablement installés sur une terrasse dans un charmant village de la Drôme provençale. Près d'un petit pont pittoresque, baigné dans la lumière rasante du couchant, le platane centenaire à notre gauche nous est d'une compagnie bienveillante, comme d'ailleurs la fontaine rustique à notre droite, composée d'une simple roche couverte de mousses.

Nous sommes trois hommes et une dame à table ; la patronne est venue prendre notre commande. La dame a commandé après les autres convives car elle a eu une petite hésitation sur son choix. Trois secondes après sa commande, elle demande à la patronne si elle peut changer d'avis. A notre grand étonnement, la réponse est un non catégorique. Elle nous montre un appareil électronique dans sa main :

"Désolée Madame, la commande est partie en cuisine. Je ne peux pas l'annuler. Vous ne puovez pas refaire votre choix. Vous mangerez ce que vous avez commandé. Eh oui, c'est la technologie." Incrédules, nous avons exprimé notre étonnement. Elle a répété sa réponse négative avec une fermeté intransigeante.

Les convives de la tablée sombrent dans un désarroi violent. J'étais prêt à renoncer à mon choix et à manger ce que notre amie avait commandé, pour qu'elle puisse choisir de nouveau ce qui lui plairait. Vaine idée, puisque ma commande est passée avant l'incident. Nous sommes faces à un dilemme : soit notre amie mange ce qu'elle a commandé, soit nous commandons cinq plats pour quatre personnes, ce qui serait moralement contestable.

Je regarde autour de moi : le pont pittoresque, le platane centenaire, la fontaine, la lumière du couchant : quelle valeur accorder à ce décor, si la maîtresse du lieu se montre si insensible au sens de l'hospitalité et au plaisir de recevoir ?

Tout un coup, il me manque de dîner dans un pays où le paysage serait moins beau, le menu plus modeste mais la qualité des relations humaines assurément plus grande.

Trois minutes plus tard et contre toute attente, la patronne est revenue à notre table pour reprendre la commande de notre amie, après avoir annulé la première commande malencontreuse auprès du cuisinier.

A cet instant, la Drôme provençale a retrouvé son charme (non sans rudesse).

 

07/08/2010

Libération vs. liberté

 

2009012015454249.jpgAyant reçu une invitation pour un spectacle intitulé Kungfu Revelations (Versets des arts martiaux) à Taipei, je m’y rend sans aucune d'idée de ce que j'y trouverais.

Il s'agit d'une chorégraphie inspirée des mouvements du corps dans les arts martiaux, exécutée par une troupe de jeunes danseurs, sur une musique évocatrice de la sérénité bouddhiste et composée de neuf versets à thème. Dans la deuxième scène "Sutra", un petit moine se désespère de ne pas bien apprendre le Texte. Dans un excès de colère il rejette son instrument de prière. Un autre moine plus mûr l'aide à revenir à sa douceur et à reprendre confiance. Plus tard, dans un autre lieu, le petit moine fait ses prières au son de celles de ses frères.

Ce passage m'a d'emblée convaincu de la cohérence et de l'originalité de cette création. C'est probablement lié au fait que je vis parmi les Français depuis longtemps et suis maintenant sensible à tout ce qui dévoile un peu plus cet impensé culturel, aux Français mais également aux Chinois.

Je suis touché par la scène de "Sutra" car elle dit en toute simplicité comment les Chinois voient le sens de notre existence : l'affranchissement. La notion chère aux Occidentaux de la liberté individuelle comme un droit, avec l'apprentissage des lois comme sa garantie, n'est pas étrangère à la Chine contemporaine. Mais elle ne se substitue pas à une autre vision de l'homme, celle selon laquelle le propre de l'homme est de s'élever spirituellement. L'apprentissage des règles se conçoit au service, non d'une liberté individuelle absolue et abstraite, mais de cette libération de l'esprit tout au long d'une vie.

Les propos de Zhuangzi et Confucius, penseurs de l'Antiquité, en témoignent...

 

nota : en écrivant ce post, je me rappelle l'épisode récent d'un chorégraphe français en visite en Chine pour monter un spectacle avec de jeunes membres d'une troupe de l'opéra de Pékin. Il leur demande d'"exprimer leur personnalité". Ca a probablement paru très étrange et incompréhensible pour les Chinois qui pensent en terme d'affranchissement (processus long qui ne se commande pas de l'extérieur) plutôt que de liberté immédiatement disponible.

 

crédit photo : www.junzimen.com/Article/2009/30159.html

16/07/2010

Sur les pas d'un écrivain anglais

On-a-Chinese-Screen.jpgIl y a dix jours j’ai trouvé sans le chercher un ouvrage de W. Somerset Maugham On a Chinese Screen (Sur un paravent chinois) publié en 1922. C’est un recueil de 58 très courts récits ayant pour théâtre la Chine du début du vingtième siècle. Les intrigues y ont une place assez secondaire. Les personnages, principalement des Européens expatriés, sont observés et dépeints avec minutie. Le regard attendrissant de l’auteur, exprimé avec beaucoup de retenu, se porte le plus souvent sur les paysages, un véritable médium qui humanise un monde tiraillé entre deux civilisations.

 

 Par la suite, un curieux hasard m’a fait découvrir le film The Painted Veil, réalisé en 2006 par John Curran, d’après un roman du même Maugham publié en 1925 et traduit en français sous le titre La passe dangereuse. Là, les facettes entrevues dans On a Chinese Screen se recomposent en un saisissant tableau d’une époque où se déroulent les péripéties matérielle et sentimentale d’un couple anglais en Chine, pour aboutir à la compréhension et au pardon. Un dénouement remarquable qui reflète l’idée noble que l’auteur avait de la condition humaine, perceptible déjà dans son roman Of Human Bondage publié en 1915.

 

 En voyant ce film ou en relisant son auteur, les Chinois et les Européens auront-ils un nouveau regard les uns sur les autres ? Un regard actuel et serein qui ne soit pas dicté par les soubresauts de l’actualité.

 

Painted-Veil.jpeg

 

27/06/2010

Cette France-là : "ça nous concerne tous."

J’ai appris récemment l’existence du collectif « Pour la suppression du ministère de l’immigration et de l’identité nationale » qui diffuse Ulysse Clandestin, un film réalisé par Thomas Lacoste présentant des interviews de chercheurs (sociologues, anthropologues, historiens, etc.) en alternance avec des scènes d’un récit d’exil.

  

En effet, au lancement du grand débat sur l’identité nationale l’année dernière, j’ai été curieux de voir comment le traitement de cette question servirait d’indicateur du niveau d’intelligence de celui qui l’a porté, Eric Besson. Non pas que je veuille manquer de respect pour le Ministre, mais que je savais combien il est difficile de ne pas tomber dans des pièges, volontairement ou non, en s’y essayant.

  

Depuis, plusieurs personnalités du même camp politique du Ministre ont mis en cause la pertinence de ce débat, et je regrette de ne pas découvrir chez Monsieur Besson, jusqu’ici, un grand esprit éclairant le monde. Mais je ne désespère pas…

 

En attendant, ce grand esprit je l’ai trouvé chez un autre Eric : Eric Fassin, sociologue au CNRS, qu’on peut écouter dans le film (29ème min.). Par un exposé intitulé « Eux » et « nous », il fait la démonstration efficace et brillante d’une logique de l’exclusion mise en œuvre à travers un débat qui permet d’abord de désigner les « eux » et qui finit inexorablement par toucher les « nous ». Ce n’est pas réjouissant.

 

Vous pouvez prendre connaissance de la position du collectif « Pour la suppression du ministère de l’immigration et de l’identité nationale » et signer la pétition si vous le soutenez.

   

 

post scriptum : lire l'article Le racisme envahit l'espace politique, par Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des doits de l'homme (LDH), publié dans le monde du 21.03.2011

 

   

18/05/2010

La Chine vue de France

raton.jpgJuin 2007, nous avons eu le plaisir de découvrir, à travers un article dans le n°29 du Bulletin de Ricochet, l’existence du site Chine des enfants, créé et animé par David-Umberto Signoretti.

 

L’entretien intitulé Visages de la Chine dans les ouvrages pour la jeunesse : Analyses et tendances demeure pour nous une référence riche et incomparable. Nous vous invitons à le (re)découvrir, à l’occasion de la publication d’une interview réalisée à l’initiative de David-Umberto et censée apporter un regard critique sur l’offre éditoriale de HongFei Cultures deux ans et demi après sa création.

 

Nous reproduisons ici les trois questions qui nous ont été posé, ainsi que la réponse que nous avons apportée à la dernière des questions. Pour lire l’intégralité de l’interview, vous pouvez vous rendre sur le site de Chine des enfants.

 

 *

 

HongFei Cultures a maintenant fait sa place dans le paysage éditorial avec une lisibilité sur sa production et ses ambitions. Permettez-moi de faire avec vous un petit bilan...

  

 

Question 1 : HongFei présente un catalogue ambitieux dans un paysage assez morose de l'édition. Depuis sa création, le développement de l'entreprise semble facile et en constant progrès. Est-ce aussi facile, avez-vous renoncé à certains projets initiaux?

 

 

Question 2 : Vous diversifiez vos publications en visant des tranches d'âges très larges et des textes venant de cultures différentes ; vous n'êtes pas l'"éditeur chinois" et pourtant avec une identité forte, HongFei ne s'assimile pas à un éditeur "généraliste". Comment vous situez-vous dans le monde de l'édition jeunesse?

 

 

Question 3 : Les premiers titres de votre catalogue proposent des textes ou adaptations chinois. La diversité des nouveaux albums a-t-elle été tout de suite comprise et acceptée ?

  

   

Réponse à la question 3 : Nos premiers titres "Hors collection" (Si je grandis... par Mélusine Thiry, Une touche de couleurs par Pauline Kalioujny) conçus par deux auteurs-illustratrices françaises, sont parus à l'automne 2009, deux ans après la création de la maison d'édition. Vous avez raison d'y voir un risque d'incompréhension de la part des lecteurs qui connaissent déjà notre catalogue. Toutefois, c'est un risque que nous étions prêts à assumer, car cet élargissement de ligne éditoriale correspond à la personnalité des éditeurs et à un besoin naturel d'épanouissement de la maison d'édition.

 

Quelques mois après la sortie de ces deux titres, suivis plus récemment d'un troisième (Salade de fruits par Samuel Ribeyron), nous n'avons constaté aucun rejet, ni de la part des lecteurs ni de celle des prescripteurs (notamment libraires), au motif d'une incompatibilité ou d'une confusion par rapport à nos titres antérieurs. Nous nous en réjouissons.

 

Selon notre analyse, il y a plusieurs raisons à cela. D'abord, beaucoup de ceux qui connaissent déjà notre production ont compris que notre proposition éditoriale n'a rien de communautariste et que nous ne nous posons jamais comme le gardien du temple d'une culture chinoise figée et idéalisée. Comment inviter les lecteurs à partir en voyage entre les cultures, si nous nous enfermions nous-mêmes dans une conception étriquée des cultures ?

 

Ensuite, beaucoup de lecteurs et de professionnels ne nous connaissent pas encore en 2009. Ils ont découvert et apprécié la belle facture de nous ouvrages hors collection en même temps que l'existence de la maison d'édition. Ils ont perçu HongFei Cultures comme une maison d'édition qui, en plus de savoir faire de beaux albums, sait les doter d'un contenu culturel chinois authentique.

 

Si ces constats nous incitent à l'optimisme pour le développement -modeste mais régulier- de la maison d'édition, nous restons vigilants sur le fait que notre proposition reste parfois mal comprise par certains prescripteurs partagés entre la tentation d'y voir un effet de mode ou celle de considérer nos créations comme contestables car non conformes à une image jugée "authentique" et recevable de la Chine.

 

C'est pourquoi, confiants dans le discernement des lecteurs de plus en plus nombreux à apprécier notre offre d'amitié, nous travaillons à la clarté de notre proposition et à la faire connaître et comprendre plus généralement. Dans ces circonstances, l'attention et la critique bienveillantes que vous-même manifestez à l'égard de nos publications sont un accompagnement et un encouragement très précieux.

 

 

raton2.jpg

 

(image extraite de l'album Face au Tigre, illustré par P. Kalioujny)

15/05/2010

Quand le traducteur rencontre les libraires

Janvier dernier, nous avons été contactés par Nadia Ducerf, formatrice à l’INFL (Institut National de Formation de la Librairie), pour une séance d’échanges avec des futurs libraires. L’objectif était de sensibiliser ces derniers à la problématique de la traduction, pour qu’ils disposent de repères pertinents lorsqu’ils conseillent les lecteurs sur les ouvrages d’auteurs d’ailleurs.         

   

Nous avons répondu positivement. Trois mois plus tard, j’ai pu partager mon expérience de traducteur - notamment à travers les exemples de Tigre le Dévoué (éd. HongFei Cultures 2009) et Les Paradis artificiels de Charles Baudelaire (Faces Publications, Taipei 2007) - avec une vingtaine de jeunes professionnels motivés. Un grand merci à Nadia pour son volontarisme et sa confiance en notre compétence et implication, ainsi qu’à l’équipe de l’Institut pour son accueil chaleureux. 

   

»fiche descriptive Mots enchanteurs, mots voyageurs, dans le cadre des Rencontres de HongFei Cultures

 

07/05/2010

Lucas : un petit tableau du temps

 Lucas.jpg

 

L’histoire d’Un ami pour Lucas m’est venue comme un interlude. C’est un récit qui n’avait d’autre prétention que de garder la trace d’un instant vécu qui fut à la fois doux et poignant.

 

Dans cette histoire, le garçon Lucas joue sous les marronniers géants, avec ses rêves. Rêver, c’est désirer, et l’état du désir peut nous rendre particulièrement éveillés à tout ce qui nous entoure. On dirait que les anges ne se manifestent qu’à ceux qui sont prêts à les apercevoir. 

 

Une fois que Lucas et le renard se sont vus, l’histoire s’est poursuivie comme une fleur qui s’épanouit et clôt à la tombée de la nuit. On dit que c’est une histoire sur la naissance d’une amitié. 

 

Je dirais que c'est aussi une histoire sur le temps. Le temps qu’il nous faut pour être prêts, prêts à saisir les liens (et les possibilités de voyager librement grâce à ces liens) qui nous auraient échappé. Je contemple à plusieurs reprises les images créées par Bobi+Bobi pour cette histoire, et ne peux qu’admirer son talent d’illustrer ce temps impalpable avec les jeux de distance et de lumière au fil des pages. Lumière du ciel, mais aussi celle sur la pointe des pétales. 

 

L’achèvement des dessins a coïncidé avec celui de la rédaction de la quatrième de couverture, qui telle une touche finale complète ce petit tableau du temps. 

 

Un ciel bleu pour le matin, une brise pour l’après-midi.

Un ami pour Lucas, de beaux rêves pour la nuit.

 

Puis, le secret du renard revient à mon esprit : « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. » (Le Petit Prince, chapitre XXI, Antoine de Saint-Exupéry)

  

24/03/2010

Communiquer, un savoir-vivre

SF.jpgDans l’une de ses derniers newsletters, l’agence de développement du Val-de-Marne nous a proposé de participer au 9ème cycle des « Matinales », soit trois conférences destinées aux dirigeants d’entreprise. Le thème du cycle est la sensibilisation à l’impact de la communication dans les négociations avec les trois interlocuteurs de l’entreprise que sont le journaliste, l’acheteur et le financeur.

J’ai assisté ce matin à la première conférence du cycle de ce séminaire professionnel. Un grand merci aux organisateurs (Cécile Tréton, Dominique Parganin, Joël Gayssot) pour cette offre précieuse en direction des entrepreneurs. Sans oublier les conseils pratiques dispensés par les quatre intervenants très qualifiés et expérimentés concernant la communication avec les médias. L’enregistrement de la conférence est diffusé par l’agence. Voici un résumé en quelques lignes de ma note de six pages :

- Pascal Le Guern, journaliste France Info : il explique la tâche des acteurs du journalisme (rédacteur en chef, reporter, chroniqueur, secrétaire de rédaction, etc.) et les contraintes organisationnelles qui dictent leur interaction avec l’interviewé (urgence permanente, besoin en informations nouvelles et à temps, des formats de réponses jugés exploitables, etc.). Celui-ci peut communiquer plus efficacement avec le journaliste s’il a ces contraintes présentes à l’esprit.

- Laurence Malazzi, consultante JAM Conseil : elle souligne la dimension humaine dans la relation avec les journalistes qui sont à traiter comme des partenaires, concluant avec des usages à mettre en pratique et d’autres à éviter.

- Pierre-Luc Séguillon, journaliste LCI : il ne faut pas confondre le métier de la communication (valoriser l’image d’une entreprise ou d’un homme politique) et celui de l’information (recueillir et diffuser des informations nouvelles vérifiées). Le journaliste n’est pas complice d’un communicant et il cherche la petite bête dans les discours. C’est un homme pressé dont il faut susciter la curiosité. Pour ce faire, une belle histoire à lui raconter est souvent plus efficace qu’une belle idée.

- Jean-Christophe Capelli, CEO de FriendsClear, rebondit sur l’intérêt de storytelling (romancer le parcours des personnages clefs de l’entreprise) dans la communication. Il souligne l’opportunité et la nécessité de créer son propre média via l’internet (Facebook, blog, Twitter) face aux médias traditionnels. Il relativise enfin la distinction entre le journalistique, le documentaire et la fiction et n’hésite pas à remettre en cause la frontière entre la communication et l’information.

Outre l’intérêt du sujet de la conférence, j’ai surtout retenu la qualité de l’environnement économique et social dans lequel évoluent les entreprises françaises, malgré la crise. C’est un bien collectif à préserver et développer. 

(image extraite de l'album Salade de fruits par Samuel Ribeyron, éd. HongFei Cultures)

28/02/2010

Lumière sur le Japon

20100219 052.jpgDepuis l’automne dernier, plusieurs rencontres et retrouvailles ont dirigé mon attention sur le pays du Soleil levant. Au dernier salon du livre de Taipei, plusieurs ouvrages sur le Japon se sont ainsi retrouvés dans mon panier, dont le très beau livre (dédicacé !) « La photographie japonaise sous l’ère Meiji » de Patrick Bonneville (éd. de l’Amateur, 2006). L’introduction de ce dernier contient des informations très éclairantes sur l’histoire sociale et économique de la nation nippone depuis la régence de Tokugawa (début 17e siècle), clef de notre compréhension du Japon tel qu’il est aujourd’hui.

 

Sans faire un compte rendu complet de ce texte, je me contente de noter ici deux indicateurs du pays qui y sont évoqués : l’urbanisation et l’alphabétisation (pp. 15-16). En 1800, le taux d’urbanisation au Japon était le plus élevé au monde (12,8%, pour 10,6% en Europe occidentale et 3,8% en Chine). Edo, la future Tokyo, comptait plus d’un million d’habitants en 1720. Quant au taux d’alphabétisation, il était parmi les plus élevés du monde pré-industriel, estimé à 40% de la population en 1750. L’auteur poursuit sur une description du développement vigoureux des activités de libraires et d’éditeurs, bien contextualisée, pour ma plus grande joie.

 

 

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De gauche à droite : Françoise Zylberberg, fondatrice de la librairie française à Taipei, Le Pigeonnier du Quercy ; Patrick Bonneville, auteur de « La photographie japonaise sous l’ère Meiji » et directeur de l’Institut Français de Taipei ; Linden Lin, éditeur en chef de Linking Publishing et président de la fondation du TIBE (Taipei International Book Exhibition). Photo © Le Pigeonnier 2010

05/02/2010

TIBE 2010 en beauté !

PhotoTIBE2010 022.jpg

La 18e édition du Taipei International Book Exhibition (TIBE), le plus important salon du livre en Asie, s’est tenue à Taipei World Trade Center (TWTC) du 27 janvier au 1er février 2010. Aperçu des dimensions de cette manifestation à travers quelques chiffres : 500 000 visiteurs en 2009 (soit une hausse de 20% de sa fréquentation par rapport à 2008) ; 41 pays représentés ; 900 éditeurs dont 580 étrangers ; 36 000 m² de superficie...

Trois particularités de l’édition 2010 : [1] la France est le pays invité d’honneur, avec des animations, expositions et délégation importantes ; [2] des auteurs chinois d’outre-mer (parfois écrivant en langues étrangères) sont invités à rencontrer le public taiwanais ; [3] le lancement de la politique d’aide aux livres électroniques.

Outre le fait que deux des spécificités de l'année sur trois m’intéressent directement, j’ai eu beaucoup de plaisir à vivre ce grand rendez-vous : pour une fois, je n'ai pas à me soucier de la vente des livres de HongFei (la librairie française de Taipei Le Pigeonnier du Quercy s’en charge), ni à en vendre les droits (je reste à Taipei après le salon, il n’y a pas d’urgence). Dans ce contexte, travailler de manière productive signifie pour moi BIEN VISITER LE SALON, ne pas perdre une miette de ce qu’il a à offrir : conférences, livres en chinois, dédicaces. C’est un luxe que je ne peux jamais m’accorder lorsqu’il s’agit d’un salon en France.

Dans une ambiance conviviale, j’ai pu représenter HongFei Cultures à une table-ronde aux côtés de collègues français éminents et expérimentés (Frédéric Lavabre, Brigitte Stéphan, Hannele Legras), écouter l’intervention savoureuse de la linguiste Marie Treps, me faire dédicacer un bel ouvrage sur la photographie japonaise par Patrick Bonneville (Directeur de l’Institut Français de Taipei), interroger l’écrivain Ha Jin qui vit à Boston, rater la conférence d’une amie de l’université devenue une auteur célèbre… et nouer contact avec un artiste allemand. Sans parler des piles de livres que j’ai achetés sans compter (dont un dictionnaire-gadget  sino-japonais et une Histoire de l’Allemagne). Soyons fous !

16/01/2010

Voyage interplanétaire (3)

NTU_TOP01.jpegParis-Taipei : dix heures de vol sans escale. Lire un journal en chinois à bord d’un avion me fait toujours un drôle d’effet : article après article, page après page, on a la sensation d’embarquer dans un accélérateur débouchant sur une planète qui évolue à une vitesse folle. Ca donne le tournis.

Économie, technologie, finance, tourisme, région, gouvernance, environnement, société, etc. : les secteurs de l’industrie et de l’équipement me paraissent les plus hallucinants. Les prévisions à l’horizon de 2012 ? Elles sont évoquées non pas pour qu’on discute de « comment y arriver ? », mais pour qu’on prenne des décisions aujourd’hui en ayant intégré ces « acquis ». Ici, le futur s’écrit au présent. Quant au passé…

Quant au passé, il arrive qu’il ne se laisse pas effacer et qu’il resurgisse de manière inattendue. Il y a une semaine, j’ai reçu le mail d’un camarade de faculté des sciences physiques : les anciens étudiants de notre promotion se donnent rendez-vous pour un déjeuner de travail, en vue d'une réunion vingt ans après notre fin d'études.

« The Past Is a Foreign Country » (Le Passé est un pays étranger) : j’ai toujours aimé le titre de ce livre écrit par David Lowenthal en 1985. Me voilà prêt pour un autre voyage intersidéral…

 

image : National Taiwan University © http://homepage.ntu.edu.tw/~ktchou/

09/01/2010

Voyage interplanétaire (2)

BL_SJG.jpgUn voyage interplanétaire a ceci de particulier : on ne peut pas être sur deux planètes en même temps. Comme les planètes ne se touchent jamais, pour atterrir sur l’une il faut avoir quitté l’autre. 

 

Cette métaphore pour un déplacement entre deux pays m'a d'abord paru tout à fait convaincante. En effet, je suis né et ai grandi sur l’île de Taiwan. Me rendre dans un autre pays impliquait « une traversée » par bateau ou par avion. De là à s’imaginer dans un vaisseau spatial, il n’y a qu’un pas.

 

Or, cette évidence a été bouleversée lors de mon premier voyage de Paris à Amsterdam en bus. J’avais appris à l’école que Les Pays-bas et la France sont deux pays distincts et pourtant ! Sans bateau ni avion, je me suis retrouvé dans un autre paysage où les gens parlent une autre langue. 

 

Avec cet étonnement j'ai pris conscience que le franchissement de frontières invisibles – celles de langues, de coutumes et de manières de penser, par exemple – peut être tout aussi passionnant que la traversée d’un espace interstellaire.

 

Et quand on sait que, au-delà des frontières, on peut continuer à donner, recevoir, rêver et aimer, on commence à se sentir chez soi sur la terre.

 

 

image extraite de l'album "Si je grandis..." par Mélusine THIRY (éd. HongFei Cultures 2009)

 

  

18/12/2009

Voyage interplanétaire (1)

revueplanetechinois.jpgLe 11 décembre à 18h à la librairie Le Phénix, nous avons assisté à la présentation du deuxième numéro de « Planète Chinois » : la revue de tous ceux qui étudient le chinois (et découvrent une culture), fruit d’une collaboration de qualité entre la prestigieuse maison d’édition chinoise Shangwu Yinshuguan et le CNDP (Centre national de documentation pédagogique). Le périodique trimestriel, riche en articles, photos, reportages, initiations à la langue et l’écriture chinoises, se prolonge avec un site internet qui fournit gratuitement des supports multimédia interactifs pour transporter le lecteur sur une autre planète, sans bagage (ni émission de CO2).

 

Cette belle publication en main, je cherche des mots pour vous inviter à en faire l’expérience. Soudain, ma pensée fait un grand bond en arrière. En 1989 (il y a vingt ans, et oui), je me suis inscrit à l’Alliance Française de Taipei pendant deux trimestres pour commencer mon apprentissage de la langue française.

 

C’était un cours du soir, deux ou trois séances par semaine. Mon premier professeur s’appelait Brigitte et le deuxième Valérie, toutes les deux jeunes, belles et fort sympathiques. Pour rendre mes devoirs rédigés en français, j’utilisais mon PC ; les lettres avec accent devaient être saisies une à une avec la fonction « insérer des caractères spéciaux ». C’était fastidieux mais j'étais fier de présenter mes compositions à Valérie (avec Brigitte, je n’avais pas encore le niveau pour écrire).

 

… Je m’éloigne un peu du sujet qui est la revue « Planète Chinois ». Mais en effet, elle me rappelle la méthode française « Sans Frontières » pratiquée à l’Alliance Française en 1989. J’y ai découvert l’existence fictive d’un monsieur (dont j’ai oublié le nom et prénom), pianiste habitant Place Contrescarpe à Paris. Celle aussi de plusieurs jeunes Suisses voyageant en Bretagne ayant obtenu l’aimable permission d’un agriculteur de camper sur son champ d’artichauts ; pour le remercier ils lui offraient des chocolats suisses avant de repartir.

 

Trois ans plus tard, j’ai atterri sur la Planète Français. Qui l’eut cru ?

 

Seul, empruntant le métro parisien, sous un ciel gris, je suis venu voir de mes propres yeux cette fameuse place Contrescarpe (hélas je ne saurai pas vous dire à quoi ressemble un champ d’artichauts en Bretagne ; je n’en ai jamais vu).

 

(à suivre)

31/10/2009

Rencontre écrivains jeunesse à Velaux

roquefavour.jpgUn grand merci à l’équipe de la médiathèque Les quatre tours de Velaux (Bouche-du-Rhône) dirigée par Valérie San Agustin, ainsi qu’à l’association Les amis de la médiathèque et au CRILJ13 (centre de recherche et d’information sur la littérature jeunesse, présidé par Mireille Joly), pour leur accueil chaleureux et efficace lors de la dernière « rencontre écrivains jeunesse » des 16 et 17 octobre :

§ rencontre avec Arquier, un hôtel centenaire plein de charms au pied de l'aqueduc de Roquefavour. Des feuilles de platanes tombent, silencieuses, dans le ruisseau sous ma fenêtre ;

§ rencontre avec les élèves de CP des écoles Jean Jaurès et Jean Giono qui ont lu « Pi, Po, Pierrot » et qui m’ont posé plein plein de questions – à qui j’en ai posé tout autant ; 

§ rencontre avec des écrivains jeunesse sensibles et attachants dont Janine Teisson (La petite pierre de Chine, éd. Actes sud junior 2004) et Agnès Bertron (La lettre des oiseaux, éd. Nathan 2009).

En attendant d'autres encore plus belles à venir...

 

23/09/2009

Le sens du patrimoine

9782862220475_concept-patrimoine-chine.gifC'est par mon ancien métier d’architecte que j'ai été amené à connaître l’auteur avant qu’il ne publie cet ouvrage de référence sur la signification du « patrimoine » pour les Chinois. Architecte et urbaniste, Zhang Liang aborde ce sujet en s’appuyant sur des exemples de patrimoine bâti en Chine, mais la portée de sa réflexion va bien au-delà de ce champ d’investigation.

 

Dès l’introduction, l’auteur dresse une carte d’exploration pour les lecteurs peu familiers avec le monde chinois. Sur la notion d’authenticité, il souligne « une opposition entre absence de préservation matériellement authentique et respect des valeurs spirituelles et morales du passé. » Quant à l’éternité, elle « habite les gens plutôt que les pierres, l’architecte mais non l’architecture. »

 

Sur le rapport au passé et l’attitude envers le changement des Chinois, l’auteur cite une phrase clé tirée de la célèbre Préface au Pavillon des orchidées du calligraphe WANG Xizhi (303-361) : « Nos successeurs nous regarderont comme aujourd’hui nous regardons le passé. »

 

C’est en devenant nous-mêmes créateurs de sens et de beauté que nous nous rendons dignes héritiers du riche patrimoine culturel légué par les hommes et les femmes qui nous ont précédés.

    

 

couverture : La naissance du concept de patrimoine en Chine, xixe-xxe siècles

auteur : Zhang Liang

éditions : Recherches/Ipraus, 2003

  

08/09/2009

Manuel de chinoiseries – à l’usage de mes amis cartésiens

9782843375347_ManuelDeChinoiseries.gifDes livres sur la Chine contemporaine et sur nos attitudes envers elle, on en trouve régulièrement sur les rayons. Celui de C. Tieu, Manuel de chinoiseries – à l’usage de mes amis cartésiens a la particularité d’aller à l’encontre des idées reçues, sans démagogie. L’initiative a d’autant plus de mérite que ces idées reçues, souvent cautionnées par des intellectuels ou journalistes médiatisés, ne manquent pas de semer des confusions malencontreuses dans l’esprit des lecteurs peu familiers avec la culture chinoise.

L’ouvrage de Tieu est riche en exemples des « perceptions » partagées par beaucoup de Chinois, mais largement ignorées des Occidentaux. Si l’auteur n’insiste pas beaucoup sur un regard critique nécessaire sur ces « perceptions », cela se justifie par le fait que l’ouvrage est avant tout adressé à ses « amis cartésiens ». En huit chapitres qui se tiennent ensemble, l’auteur saisit des notions essentielles comme la vérité, le potentiel, etc. pour expliquer (à ne pas confondre avec justifier) aux lecteurs pourquoi les Chinois pensent et agissent autrement qu’eux.

Un passage du dernier chapitre illustre bien la confiance que l’auteur place en l’intelligence de ses lecteurs :

 

L’intérêt de ces libertés [individuelles] peut être ressenti dans la logique chinoise, de l’intérieur. Vouloir les imposer de l’extérieur, comme une conquête de l’Occident à qui le monde entier devrait dire merci pour leur diffusion, en laissant entendre aux Chinois que leur manière de penser n’est pas valide, c’est avoir une bien piètre image du dialogue entre les civilisations ! Et c’est absolument contre-productif. Alors que si on les respecte, je pense les Chinois à même de retenir le meilleur en l’accommodant à leur système.

 

Que cet ouvrage donne raison à tous ceux qui croient en le dialogue et la rencontre des cultures, pour un monde meilleur.

 
    

Manuel de chinoiseries – à l’usage de mes amis cartésiens

éditions Anne Carrière 2009

L’auteur Chenva Tieu : Français d’origine chinoise arrivé à Paris à l’âge de 12 ans, est entrepreneur dans les services financiers et la production audiovisuelle. Il est cofondateur du Club du xxie siècle, qui rassemble l’élite républicaine issue de la diversité, et préside la chaire Management & Diversité à l’université Paris Dauphine. (4e de couverture)

02/08/2009

Nezha, l'enfant-dieu

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titre : Nezha mon frère 我家有個風火輪

auteure du texte : ZHANG Manjuan 張曼娟

éditions : Tianxia 天下文化

année : 2006 Taipei

langue : chinoise

 

C’est avec plaisir que j’ai parcouru les cent pages d’un seul trait. Le récit, inspiré d’un épisode du roman L’Investiture des dieux (XU Zhonglin 許仲琳, 16e siècle), raconte la vie de Nezha 哪吒, l’unique enfant-dieu dans le panthéon chinois.

 

Nezha est le troisième fils de LI Jing, un général qui a contribué à la fondation de la dynastie des Zhou vers le 11e siècle avant J.C. Mais il est surtout l’incarnation d’un disciple du maître taoïste Taïyi Zhenren. Sa naissance est si peu naturelle que LI Jing a voulu lui ôter la vie sur le champ. Depuis, cet enfant à la fois innocent et puissant ne cesse de causer des ennuis à son père en offensant les Rois dragons malgré lui, jusqu’au point d’orgue où il « rend sa chair à sa mère et ses os à son père » et se donne la mort.

 

L’histoire aurait pu s’arrêter là si LI Jing n’avait pas profané le temple érigé par la mère en mémoire de Nezha. Ressuscité par le maître taoïste, Nezha revient combattre LI Jing qu’il ne reconnaît plus comme son père.

 

L’auteure ZHANG Manjuan est une écrivaine confirmée publiée depuis plus de vingt ans. Fascinée par les histoires fantastiques dans la tradition littéraire chinoise, et consciente de la nécessité de faciliter l’accès à cet héritage pour la jeune génération, elle a choisi quatre récits classiques qui, sous son plume imaginatif, gagnent une « second life ». L’intention est louable et le résultat convaincant.

 

Un bel exemple de « transmission créative ».